La reprise des cours a été marquée par des actions de blocage dans plusieurs établissements scolaires. Selon les chiffres communiqués par le ministère, 41 lycées étaient bloqués ou perturbés, représentant environ un pour cent des établissements. Un bilan qualifié de « résiduel » par le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, qui a estimé sur les ondes qu’il s’agissait de quelques lycées concernés en Île-de-France, dans le Nord et à Toulouse.
Du côté de l’Union Syndicale Lycéenne (USL), les estimations divergent fortement. Le syndicat revendique plus de 500 établissements bloqués et accuse le gouvernement de chercher à minimiser l’ampleur réelle de l’engagement des élèves. Les contestataires maintiennent la pression à la veille d’une journée de mobilisation interprofessionnelle fixée au jeudi 5 novembre.
Interventions des forces de l’ordre et grèves des personnels
Partout en France, le retour en classe s’est déroulé sous haute surveillance. De nombreux lycées ont vu l’installation de cordons policiers, des contrôles d’identité et des fouilles de sacs. Au lycée Victor-Hugo à Paris, les forces de l’ordre sont intervenues pour procéder au déblocage, entraînant des blessures chez un élève évacué par les pompiers. En réaction, les enseignants ont cessé le travail pour exprimer leur soutien aux élèves et ont refusé de pénétrer dans l’enceinte sous escorte policière.
Des situations similaires ont été constatées dans d’autres structures, telles que le lycée Hélène-Boucher, la cité scolaire Voltaire, ou encore le lycée Joliot-Curie à Nanterre, où les équipes pédagogiques déplorent des intimidations et des violences. À Saint-Denis, le personnel du lycée Paul-Éluard s’est également mis en grève pour protester contre une enquête administrative visant certains enseignants. En province et en banlieue, comme aux Lilas avec l’interpellation d’une assistante d’éducation syndiquée, ou à Lille avec celle du porte-parole national de la FIDL, la tension reste vive.
Positions divergentes des autorités
Le ministre de l’Éducation nationale a rappelé sur le réseau social X que le droit à l’instruction constituait un principe fondamental, affirmant que l’accès aux locaux devait être garanti pour la préparation des examens. Une position appuyée par la rectrice de Paris, Julie Benetti, qui a souligné dans un courrier adressé aux parents que les blocages perpetrés par une minorité pénalisaient l’ensemble de la scolarité.
En outre, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, interrogé par des députés, a assuré qu’il ne renoncerait à aucun moyen intermédiaire pour maintenir l’ordre public. Face à ces mesures, les syndicats, les collectifs d’enseignants et les organisations lycéennes continuent de dénoncer une réponse qu’ils qualifient de répressive et disproportionnée.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
