Une nouvelle journée de contestation s’organise ce samedi pour le quatrième week-end consécutif, plaçant le pays sous haute surveillance. Cette mobilisation survient deux jours après une importante action nationale menée à l’appel des organisations syndicales, et juste avant des pourparlers avec le gouvernement.
Dans la capitale, désignée comme l’épicentre des contestations, la préfecture de police a interdit le rassemblement que la coordination des gilets jaunes prévoyait d’établir place de la Concorde. Ces derniers ont pris la décision de faire cavalier seul en s’éloignant des syndicats, tout en cherchant à s’approcher des centres du pouvoir. En parallèle, l’intersyndicale de jeunesse, composée de l’Union étudiante, de la Fage, de l’Unef et de l’USL, ainsi que plusieurs unions syndicales régionales regroupant la CGT, FO, la FSU, Solidaires et la CFDT, appellent à manifester. Leur cortège, autorisé, emprunte le même trajet que celui de jeudi, reliant les places de la République et de la Nation, avec pour mots d’ordre la lutte contre la vie chère et le soutien à la jeunesse.
Pour faire face à ces mouvements, le ministère de l’Intérieur a maintenu le dispositif sécuritaire d’envergure déployé depuis le mois d’octobre. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a officialisé la mobilisation de 70 000 forces de l’ordre, entre policiers et gendarmes, répartis sur tout le territoire. L’objectif affiché des autorités est d’empêcher le retour des scènes de pillages et d’émeutes survenues le 17 octobre, après une journée de jeudi qualifiée de globalement satisfaisante par le même ministère.
Cette pression populaire précède des échéances politiques importantes. Le Premier ministre Sébastien Lecornu, confronté à un automne social particulièrement agité, a adressé un courrier aux partenaires sociaux. Il y indique être attentif aux préoccupations des employeurs ainsi qu’aux revendications concernant les salaires et le pouvoir d’achat. Une conférence sociale est ainsi programmée lundi matin à Matignon avec le patronat et les syndicats, suivie l’après-midi par des échanges avec les représentants lycéens et étudiants. D’après le chef du gouvernement, cette instance servira à apporter des réponses concrètes aux demandes exprimées par la population.
Par ailleurs, un sondage récent révèle que 85 % des personnes interrogées jugent que leur pouvoir d’achat s’est détérioré au cours des dix dernières années.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
