La cheffe de l’exécutif de l’Union européenne, Ursula von der Leyen, a formulé une demande visant à accentuer les contrôles aux frontières et à ériger des obstacles physiques dans les zones névralgiques du territoire communautaire. Cette position a été exprimée dans un courrier destiné au dirigeant espagnol, Pedro Sánchez, dont la consultation a eu lieu lundi.
Par cette démarche, la responsable européenne a cherché à détendre les relations avec Madrid. Le chef du gouvernement espagnol avait précédemment reproché à certains homologues européens d’avoir exploité à des fins politiques la situation migratoire critique qu’a traversée l’enclave.
Vendredi, près de 60 000 individus issus de pays tiers ont pénétré dans l’enclave espagnole, constituant l’afflux transfrontalier le plus massif jamais répertorié sur le continent européen en un laps de temps aussi restreint. Bien qu’un retour au calme ait été constaté par la suite, la majorité des personnes concernées ayant regagné le Maroc, les services locaux ont rapporté un bilan d’au moins 72 décès survenus lors de la traversée, dénombrés dimanche. Aucun de ces individus n’a réussi à gagner le continent européen, l’enclave étant localisée en Afrique, mais les images de l’événement ont provoqué de fortes protestations de la part des institutions communautaires et de plusieurs capitales.
Alors que Pedro Sánchez faisait l’objet de reproches de la part de ses partenaires concernant sa gestion de la crise, l’intéressé a qualifié le comportement de ses pairs d’égoïste, polarisante et contraire au droit. Dans sa missive, Ursula von der Leyen insiste sur la nécessité d’intensifier la surveillance et d’implanter des barrières physiques aux emplacements clés.
Une concertation ministérielle urgente
Dans ce climat tendu, 22 gouvernements membres ont transmis samedi un message écrit aux instances européennes pour exiger la convocation d’une réunion en visioconférence des ministres de l’Intérieur, agendée à mardi. Les discussions devront notamment aborder le rétablissement potentiel des contrôles aux frontières intérieures au sein de l’espace Schengen.
La présidente a également fait mention de pourparlers en cours concernant un pacte migratoire unissant l’Union européenne et le Maroc, destiné à prévenir de futures crises similaires. Elle a souligné qu’une collaboration est activement menée avec le royaume chérifien pour bâtir un partenariat plus structuré. D’après ses indications, une coopération étroite avec l’Espagne permettrait d’optimiser les dispositifs d’alerte précoce pour la gestion frontalière ainsi que de consolider l’assistance technique et financière octroyée au Maroc.
L’Union européenne maintient différents accords bilatéraux avec des États africains visant à endiguer les départs non autorisés et le transit de personnes susceptibles de viser l’Europe. Ces ententes font l’objet de vives contestations de la part de multiples associations de la société civile, qui reprochent aux institutions européennes de négliger la préservation des droits fondamentaux des migrants.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
