La justice française a tranché. Le tribunal administratif de Paris a débouté, lundi 3 août, la chroniqueuse Xenia Fedorova de son recours en référé-liberté visant à contester son expulsion du territoire ainsi que le gel de ses avoirs. L’ancienne responsable de RT France, qui intervient notamment sur l’hebdomadaire le JDNews, avait été assignée à résidence la semaine dernière.
Absence d’extrême urgence selon les magistrats
Pour obtenir la suspension des décisions la concernant, Xenia Fedorova avait opté pour la procédure du référé-liberté, un dispositif qui impose de prouver une situation d’extrême urgence exigeant une intervention dans les 48 heures. Les magistrats ont toutefois estimé que cette condition n’était pas remplie. La requérante n’a formulé aucun besoin de sortir du territoire parisien et n’a sollicité aucune autorisation auprès de la préfecture de police, se contentant d’évoquer une simple gêne liée à l’obligation de pointage sans apporter de précisions.
La juridiction a souligné que la procédure choisie nécessitait d’exposer de graves répercussions personnelles, ce que la requête initiale ne présentait pas. Par conséquent, la condition d’urgence absolue n’a pas pu être retenue par le juge des référés.
L’avocat indique qu’elle se trouve à l’étranger
De son côté, le conseil de la chroniqueuse, Maître Emmanuel Piwnica, a précisé dans un communiqué transmis que sa cliente se trouvait hors de France, en vacances, au moment où les mesures ont été notifiées. Il a ajouté qu’elle n’envisageait de regagner l’Hexagone que si l’arrêté d’expulsion venait à être suspendu ou annulé, tout en confirmant son intention de contester cette décision.
Les motifs avancés par le gouvernement
Les arrêtés d’expulsion et de gel des avoirs pris à l’encontre de Xenia Fedorova reposent sur des accusations d’ingérence. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a justifié cette mesure en l’accusant de servir de relais aux campagnes de désinformation russes visant à déstabiliser l’ordre public, relevant des propos répétant la propagande du Kremlin concernant l’agression en Ukraine et l’engagement français. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a pour sa part qualifié la citoyenne russe d’agente d’influence.
Concernant le gel des avoirs, le ministère de l’Économie et des Finances a indiqué qu’il s’agit d’une disposition préventive pour bloquer l’utilisation de fonds ou de ressources économiques au profit de l’intéressée et des entités qu’elle contrôle ou qui agissent pour son compte, afin d’éviter de nouveaux actes d’ingérence.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
