Une nouvelle journée de mobilisation nationale pour les salaires, les services publics et le pouvoir d’achat a secoué le pays. Selon les chiffres avancés par la CGT, les défilés ont rassemblé près de 1,6 million de participants sur l’ensemble du territoire, dont 350 000 dans la capitale. De son côté, le ministère de l’Intérieur a comptabilisé 575 000 manifestants en France, incluant 65 000 personnes à Paris, tout en évoquant plus globalement près de 600 000 participants dans ses bilans provisoires. Les deux parties s’accordent à voir dans cette action la plus importante mobilisation de cet automne.
Incidents et dégradations lors des cortèges
Le ministère de l’Intérieur a fait état d’un bilan provisoire à 18 heures s’élevant à 448 interpellations, 53 membres des forces de l’ordre blessés et 86 interventions liées à des incendies. Des groupes de militants radicaux et d’ultra-gauche se sont constitués dans plusieurs agglomérations telles que Rennes, Marseille, Nantes, Lyon, Bordeaux et Strasbourg pour tenter d’enflammer les cortèges ou d’accéder à des périmètres interdits. Des violences particulièrement marquées ont été signalées à Toulouse.
À Strasbourg, l’embrasement d’un mannequin géant à l’effigie d’un CRS et portant des inscriptions injurieuses a provoqué l’indignation. Le représentant de l’État, Amaury de Saint-Quentin, a condamné cet acte avec la plus grande fermeté et a annoncé qu’il saisirait la justice par le biais d’un signalement fondé sur l’article 40 du code de procédure pénale, à la demande du ministre. Par ailleurs, dans un établissement scolaire de Tournefeuille près de Toulouse, une trentaine d’individus cagoulés ont fait irruption pour faire usage de mortiers d’artifice et déclencher un incendie au sein de la vie scolaire, d’après les services préfectoraux.
Réponses politiques et impact des grèves
Face à la contestation, Matignon a réagi par la voix de ses services en annonçant la tenue d’une conférence sociale lundi prochain. Cette instance réunira les organisations syndicales et patronales afin de formuler des réponses concrètes aux revendications salariales et aux préoccupations liées au pouvoir d’achat. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a reçu la consigne de parachever d’ici dimanche les concertations menées depuis plusieurs jours, tandis que le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, continue de discuter avec les délégués des fonctionnaires.
Du côté de la fonction publique d’État, le ministère de l’Action et des Comptes publics a estimé la participation au mouvement de grève à près de 10 %. Concernant les transports, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a indiqué que les perturbations restaient limitées, avec neuf TGV sur dix en circulation, un trafic normal pour les métros, tramways et bus franciliens, ainsi que des perturbations minimes sur le réseau ferroviaire régional et dans quelques aéroports.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
