L’intégration de l’intelligence artificielle (IA) constitue un facteur déterminant pour la progression de la productivité européenne à venir, tout en stimulant l’économie de la zone euro à travers les dépenses qui lui sont consacrées, selon Philip R. Lane. Bien que la conception des modèles d’IA de pointe se déroule principalement en Chine et aux États-Unis, les entreprises européennes participent à la chaîne d’approvisionnement mondiale et les investisseurs contribuent au financement de ces infrastructures.
Dans la zone euro, les investissements numériques ont progressé de 73 pour cent en termes réels depuis 2014, passant de 2,3 pour cent à 3,3 pour cent du PIB. Cette hausse comporte une accélération nette depuis 2024, orientée principalement vers les actifs incorporels, tandis que les centres de données représentent une part relativement faible. Les données de l’enquête téléphonique d’entreprise menée par la BCE indiquent que l’IA a accru d’environ 10 pour cent les plans de dépenses d’investissement cette année.
Dynamisme des secteurs technologiques et commerce
La demande liée à l’IA a permis de soutenir l’activité au cours des deux dernières années, notamment dans les secteurs des ordinateurs, des autres équipements électroniques, ainsi que des services d’information et de communication. Les indicateurs PMI montrent des évolutions plus favorables pour le sous-secteur des équipements technologiques que pour les autres branches manufacturières. Pour les services, le sous-secteur du logiciel s’est distingué positivement en termes de production.
L’IA s’impose comme le principal moteur du commerce mondial des marchandises. Les exportations et importations en lien avec l’IA augmentent rapidement dans la zone euro, en particulier pour les biens destinés aux centres de données. Du côté des services, une hausse marquée des importations de licences logicielles en provenance des États-Unis est observée depuis 2022.
Financement et adoption par les entreprises
Les investisseurs européens accroissent leurs acquisitions d’actions américaines et de titres de sociétés technologiques listées, tout en réduisant leurs achats de bons du Trésor américain et d’autres actions étrangères. De grandes entreprises américaines ont émis des obligations libellées en euros, et l’actualité a été marquée par de grandes introductions en bourse, telles que celle de SpaceX au deuxième trimestre de 2026.
Le secteur bancaire indique que les prêts liés à l’IA ciblent en priorité les fournisseurs d’infrastructures plutôt que les créateurs de logiciels ou les entreprises adoptant l’技术的 technologies. Concernant l’adoption effective, la proportion d’entreprises mentionnant l’IA lors de leurs réunions de résultats est passée d’environ 10 pour cent à environ 40 pour cent depuis le lancement de ChatGPT fin 2022.
Selon l’enquête sur l’accès au financement des entreprises (SAFE) du quatrième trimestre de 2025, la majorité des sociétés participantes ont recours à l’IA : 64 pour cent l’utilisent de manière expérimentale ou modérée, et seulement 7 pour cent font état d’une utilisation jugée significative. Pour motiver cet usage, 62 pour cent invoquent l’amélioration des processus commerciaux, 23 pour cent l’innovation ou la recherche et développement, et 15 pour cent la réduction des coûts de main-d’œuvre.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
