La représentation de l’État dans le département a pris la décision de prohiber un événement politique programmé en fin de semaine. Le préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes et du Rhône a ainsi formalisé par un arrêté l’interdiction visant la réunion publique du parlementaire de La France insoumise Raphaël Arnault, tout en proscrivant tout attroupement dans les environs.
Dans un document diffusé aux médias jeudi, la préfecture motive sa décision par la nécessité d’écarter tout danger d’atteinte à la paix civile. Les autorités ciblent explicitement la menace de heurts violents entre des factions radicales coutumières de la force.
Plusieurs rassemblements rivaux avaient effectivement été signalés près du secteur retenu. D’une part, une figure de la mouvance nationaliste radicale, Yvan Benedetti, avait déposé une déclaration hors délai. D’autre part, un appel similaire avait circulé via les plateformes numériques de la part d’un groupe d’ultradroite.
À l’origine, l’élu du Vaucluse avait prévu de présenter son ouvrage littéraire au sein d’un établissement municipal situé dans le 8e secteur lyonnais. Cependant, la municipalité dirigée par le maire écologiste Grégory Doucet, ainsi que l’administration du 8e arrondissement pilotée par l’édile écologiste Olivier Berzane, avaient opté pour la suppression du prêt de la salle. Cette première annulation municipale découlait des dangers liés à la date de l’événement, qui coïncidait avec un mouvement de contestation contre la cherté de la vie.
Par ailleurs, les proches de Quentin Deranque, un militant nationaliste radical décédé des suites de violences subies à Lyon au mois de février, avaient vivement protesté contre la tenue de cette séance littéraire, des individus liés à l’entourage du parlementaire faisant l’objet de mises en examen dans ce dossier.
En réaction à cette mesure préfectorale, l’avocate Chirinne Ardakani, qui assure la défense de Raphaël Arnault ainsi que celle de la parlementaire insoumise du Rhône Anaïs Belouassa-Cherifi — également conviée à la tribune —, a fait part de sa volonté de saisir la juridiction administrative. Son conseil entend attaquer la décision en urgence par la voie du référé, qualifiant l’interdiction de gravement illicite et d’atteinte portée aux libertés constitutionnelles de réunion et d’expression.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
