La révocation du dirigeant paraguayen Santiago Peña a été prononcée par les sénateurs à l’unanimité des membres présents lors d’une séance. Basilio Nuñez, qui dirige le Sénat, a officialisé l’éviction de l’ancien chef de l’État pour manquement dans l’exercice de ses responsabilités. L’intéressé avait formulé une demande de retrait la veille, mais l’assemblée l’avait rejetée, menant inévitablement au procès.
Le vice-président Pedro Alliana, âgé de 52 ans et membre de la même formation conservatrice du Parti Colorado, a prêté serment devant les sénateurs pour succéder au dirigeant sortant. Dès sa première prise de parole, le nouveau chef de l’exécutif a affirmé que les citoyens touchés par le désordre monétaire obtiendraient réparation totale. Bien que mentionné dans le dossier de la crise, ce responsable n’avait pas vu son renvoi en jugement approuvé par les parlementaires.
Une faillite bancaire à l’origine de la tourmente
Le séisme politique trouve sa source dans la décision de la Banque centrale de placer sous son contrôle une institution numérique, Ueno Bank, en raison de son incapacité à faire face à ses passifs. Cette mesure a entraîné le blocage des économies de près de 3 millions d’individus, représentant environ la moitié des habitants du pays, touchant également des structures professionnelles, des organismes et des personnes retraitées.
Durant l’audience, les parlementaires chargés de l’accusation ont reproché au dirigeant déchu d’avoir subordonné l’intérêt général à des profits personnels. Ils ont souligné qu’il avait été actionnaire du groupe financier déchu jusqu’en 2025 et ont évoqué un transfert de fonds de pensions vers cette structure. Les conseils de la défense avaient contesté la régularité de la procédure en raison de la renonciation préalable du mandat présidentiel.
Enquêtes et premiers versements
Le parquet général a initié des investigations à l’encontre de l’ancien président concernant la gestion de l’établissement bancaire et l’utilisation de liquidités étatiques. Parallèlement, l’institution monétaire nationale a débuté le versement d’indemnisations préliminaires aux clients touchés. Les premiers transferts concernent des épargnants disposant de sommes situées entre 1 et 10 millions de guaranies.
À l’extérieur du bâtiment institutionnel, des manifestants ont exprimé leur satisfaction à l’annonce de la destitution. Cette transition institutionnelle laisse le pays face à des défis majeurs pour rétablir la confiance au sein du système financier.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
