Une œuvre majeure du patrimoine français, inscrite au registre Mémoire du monde de l’UNESCO, s’apprête à être dévoilée au public londonien. La Tapisserie de Bayeux, une broderie de laine vieille de mille ans mesurant près de soixante-dix mètres de long sur cinquante centimètres de haut, sera exposée au British Museum à partir du dix septembre. Ce chef-d’œuvre commandé à l’origine par un évêque pour la cathédrale de Bayeux, en Normandie, narre la conquête de l’Angleterre en 1066 par Guillaume, duc de Normandie, devenu roi sous le nom de Guillaume le Conquérant.
Le président de la République est attendu à Londres pour inaugurer cette présentation culturelle et diplomatique. Ce prêt d’une durée de dix mois, souhaité par le chef de l’État, constitue un geste politique fort destiné à célébrer la réconciliation franco-britannique après les tensions liées au Brexit, tout en marquant la relation bilatérale. Le chef de l’État doit également profiter de ce déplacement pour rencontrer le nouveau Premier ministre britannique, Andy Burnham.
Un transport sous haute surveillance
Le déplacement de cette pièce fragile n’a pas manqué de susciter des inquiétudes. Des spécialistes avaient exprimé leurs réserves, qualifiant l’œuvre de trop fragile pour supporter un tel voyage et redoutant des déchirures. Malgré ces avertissements, le projet a été maintenu. Un dispositif logistique d’envergure a été déployé pour acheminer la broderie en Angleterre, où elle est arrivée en juin. L’opération a nécessité une manipulation délicate par des dizaines de conservateurs, un pliage minutieux et un placement dans un conteneur climatisé doté d’un système anti-vibrations, avant d’être transportée par la route.
Historiquement, l’œuvre n’avait quitté son territoire qu’à deux reprises : en 1803 à destination du Louvre sous l’impulsion de Napoléon, et en 1944 en hommage aux troupes alliées responsables de la libération de la France.
Un engouement record au Royaume-Uni
À l’approche de l’ouverture, l’institution muséale londonienne a mis en place une campagne promotionnelle teintée d’humour, mettant en scène des combats théâtralisés entre Normands et Saxons au cœur des espaces d’exposition, avec la participation de la présentatrice de télévision Claudia Winkleman. Cette communication semble porter ses fruits, l’exposition générant un intérêt considérable auprès du public britannique. Dès l’ouverture de la billetterie en ligne, près de quatre-vingt mille personnes ont patienté simultanément, certaines attendant plus de neuf heures pour obtenir un sésame, marquant ainsi une affluence historique pour le musée.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
