La volonté de Paris de se séparer des prestations du spécialiste américain de l’analyse de données Palantir entraîne une réaction cinglante de la part de sa direction. Au cours du mois de juin, le Premier ministre Sébastien Lecornu a fait part de son intention de substituer au logiciel de la firme américaine, en service au sein de la DGSI depuis l’année 2016, la solution proposée par la société française ChapsVision. Cette modification d’orientation a été justifiée par la recherche de l’autonomie stratégique, dans un contexte marqué par les directives de l’administration américaine concernant les technologies d’intelligence artificielle.
Exprimant son point de vue lors d’un rassemblement ministériel du G20 se tenant en Caroline du Nord, le responsable de Palantir Alex Karp a soutenu que l’Hexagone s’infligera des difficultés en se tournant vers une protection qu’il juge illusoire. À ses yeux, confier des tâches à des intermédiaires français qui intègrent des intelligences artificielles originaires des États-Unis et de Chine ne garantit en rien une réelle indépendance. Le chef d’entreprise a comparé cette approche à une solution trompeuse, tout en estimant que ces choix découlent de l’appréhension et de personnes ne saisissant pas l’ensemble des problématiques techniques.
Le dirigeant a par ailleurs réfuté s’exprimer dans le seul but de défendre des intérêts commerciaux nord-américains, indiquant que sa structure possède une empreinte restreinte et ne vise pas une expansion majeure. Il a justifié son intervention en qualifiant l’État français de territoire culturellement primordial pour le continent européen ainsi qu’en seconde position sur le plan économique.
Au cours de ce même événement, orchestré par l’administration Trump dans le but d’inciter ses alliés à ne pas ralentir le secteur de l’intelligence artificielle par des contraintes réglementaires accrues, Alex Karp a estimé que le cadre normatif actuel ne soutient pas l’Europe. Tout en admettant l’existence d’appréhensions légitimes liées au développement de ces outils, il a insisté sur la nécessité de différencier les interrogations techniques réelles des réactions qu’il qualifie d’alarmistes.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
