L’Espagne est plongée dans le deuil après la catastrophe ferroviaire survenue le mercredi 28 octobre près de Tolède. Ce drame, qui a provoqué la mort d’au moins 68 personnes, s’ajoute à un autre accident mortel survenu en janvier à Adamuz, en Andalousie, faisant 47 victimes. Ces deux événements constituent des accidents d’une gravité exceptionnelle en moins d’un an pour le pays. Le Premier ministre socialiste, Pedro Sánchez, a annoncé trois jours de deuil national et promis une enquête complète ainsi qu’une totale transparence sur la situation des infrastructures ferroviaires.
Cette catastrophe survient à un mois des élections législatives anticipées, convoquées par le chef du gouvernement sortant alors qu’il était mis en minorité au Parlement. La campagne électorale se déroulait déjà dans un contexte de crise multiple, marqué notamment par la crise du logement et des manifestations de retraités, tandis que l’extrême droite mise sur la crise migratoire pour l’emporter. En réaction au drame ferroviaire, la plupart des partis ont interrompu leur campagne. Alberto Núñez Feijóo, président du Parti Populaire et principal opposant, a indiqué qu’il ne souhaitait pas entrer dans une discussion sur les responsabilités politiques pour le moment, tout en réclamant la vérité sur les infrastructures ferroviaires du pays.
Une série de difficultés pour le chef du gouvernement
Le Premier ministre avait pourtant défendu son bilan en février devant les députés, affirmant que le système ferroviaire espagnol figurait parmi les meilleurs du monde et que les investissements dans les infrastructures avaient été pratiquement triplés depuis 2018. Cependant, ce lourd bilan pèse lourdement sur la fin de la campagne et les chances de réélection de Pedro Sánchez s’amoindrissent à l’approche du scrutin fixé au 29 novembre prochain.
Sur le plan européen, la collision intervenue ce mercredi entre Madrid et Séville se positionne déjà comme la deuxième catastrophe ferroviaire la plus meurtrière enregistrée en Europe depuis le début du siècle, selon les données disponibles alors que le bilan des victimes demeure provisoire.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
