Le président russe s’est rendu pour la première fois de son mandat dans l’archipel des îles Kouriles, un territoire administré par Moscou depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale mais revendiqué par le Japon. Ce déplacement s’est déroulé sur l’île d’Itouroup, où le chef de l’Etat russe a visité une usine de transformation de poisson, une école ainsi qu’un hôpital. Environ 20 000 citoyens russes résident actuellement sur ces terres volcaniques.
Une vive réaction diplomatique de Tokyo
La réaction du gouvernement japonais a été immédiate. La Première ministre Sanae Takaichi a qualifié le déplacement d’absolument inacceptable, estimant qu’il blesse le peuple japonais et aggrave le ressentiment de l’opinion publique envers la Russie. Le ministère nippon des Affaires étrangères a procédé à la convocation de l’ambassadeur russe, tandis que Tokyo avait préalablement demandé au Kremlin d’annuler ce voyage. Le ministre des Affaires étrangères Toshimitsu Motegi a rappelé que les territoires du Nord font intrinsèquement partie de l’histoire et du droit international du Japon.
Un contentieux historique et militaire
Le différend territorial trouve ses racines en août 1945, lorsque les forces soviétiques ont pris possession des Kouriles. L’Union soviétique et le Japon n’ont jamais conclu de traité de paix formel en raison de ce litige persistant concernant quatre îles méridionales : Kounachir, Habomai, Chikotan et Itouroup. Auparavant, l’ancien président Dmitri Medvedev s’était déjà rendu sur place en 2010 et en 2019.
Au-delà de l’enjeu mémoriel, les îles Kouriles revêtent une importance économique majeure grâce à leurs gisements d’or, d’argent et à leurs zones de pêche. Sur le plan stratégique, Yee Kuang Heng, professeur à l’université de Tokyo, souligne que l’archipel a été doté d’équipements de défense côtière ainsi que d’appareils de chasse, conférant à Moscou les moyens de maîtriser les voies maritimes locales. Avant son arrivée sur l’île, le président russe avait présidé à Ioujno-Sakhalinsk une réunion sur la sécurité des frontières orientales et supervisé des exercices navals à bord du croiseur lance-missiles Varyag.
Les relations bilatérales se sont considérablement détériorées depuis l’invasion de l’Ukraine en février 2022, le Japon ayant pris part aux sanctions occidentales et requalifié les Kouriles de territoires occupés illégalement.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
