L’association citoyenne AC!! Anti-Corruption a transmis deux plaintes au Parquet national financier (PNF). Ces procédures font suite à des articles de presse mettant en cause des élus franciliens de divers horizons politiques pour des postes présumés fictifs au sein de la Régie autonome des transports parisiens (RATP).
Au cœur de cette affaire se trouve initialement Bally Bagayoko, membre de La France insoumise et maire de Saint-Denis. L’édile est soupçonné d’avoir cumulé, sur une période allant de 2001 à 2020, des mandats locaux avec un poste de cadre salarié au sein de l’entreprise publique, financée par l’État. D’après les informations parues dans la presse, l’intéressé percevait un salaire mensuel de 6 000 euros, assorti d’indemnités et d’horaires qualifiés d’élastiques.
Une mise en cause élargie à environ deux cents élus
L’association plaignante pointe du doigt l’existence potentielle d’un réseau structuré. Selon les publications initiales s’appuyant sur les déclarations d’un ancien dirigeant de la régie, environ deux cents élus de droite comme de gauche auraient bénéficié de contrats à temps plein peu exigeants en termes de présence, servant parfois de relais locaux.
Face à ces révélations, la première plainte déposée par l’association vise des infractions telles que le détournement de fonds publics, la prise illégale d’intérêts, le favoritisme ainsi que le faux et usage de faux. Une seconde plainte, venant compléter la démarche initiale, a ensuite été adressée au PNF pour dénoncer un système organisé et des contrats de complaisance prétendument créés sans justification opérationnelle pour des personnalités politiques de la région.
Les réactions des personnes mises en cause et des soutiens
Bally Bagayoko a vigoureusement contesté ces accusations sur le réseau social X. L’élu local soutient que son mandat électif ne constitue pas un emploi et affirme avoir été recruté en raison de ses compétences, réfutant l’absence d’entretien préalable. Il estime par ailleurs que l’amalgame entre mandat et poste salarié relève d’une volonté de suggérer une infraction inexistante.
Du côté de sa formation politique, plusieurs figures ont volé à son secours. Le coordinateur national du parti a publiquement dénoncé un acharnement ciblant spécifiquement le maire de Saint-Denis, tout en mettant en cause la crédibilité des publications à l’origine de l’affaire.
L’association AC!! Anti-Corruption, créée après une scission d’Anticor, demande à la justice de vérifier la réalité du travail fourni, ainsi que les bulletins de paie et les autorisations de cumul d’activités. L’ancien juge Eric Halphen, président d’honneur de la structure, espère qu’une enquête permettra de faire la lumière sur l’utilisation de ces ressources publiques.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
