La guérilla colombienne de l’EMC a officialisé la détention d’un soldat de nationalité colombienne servant dans l’armée française. L’État-major central, qui constitue la principale dissidence des ex-Farc, a indiqué dans un communiqué avoir intercepté le militaire en territoire colombien.
Le caporal José Olger Melo Charry, âgé d’une trentaine d’années et membre de la Légion étrangère depuis quatre ans, se trouvait en permission au moment des faits. D’après les informations communiquées par l’armée colombienne, il a été capturé le 6 août lors d’un déplacement sur une voie terrestre du département de Nariño, dans le sud-ouest du pays. Il était arrivé en Colombie la veille de sa capture et voyageait en compagnie d’une femme, qui a pour sa part été relâchée quelques heures après son enlèvement.
Le groupe armé conteste l’utilisation du terme d’enlèvement par les autorités colombiennes et qualifie le militaire de « prisonnier de guerre ». Dans son message, l’EMC certifie que le caporal est vivant, en parfaite santé, et qu’il bénéficie d’une alimentation adéquate ainsi que de soins médicaux. La guérilla conditionne la préservation de son intégrité physique à l’absence d’opérations militaires hostiles dans la zone et fait porter au président Abelardo de la Espriella la responsabilité de toute tentative de sauvetage par les armes.
Précisions du ministère français des Armées
Le ministère français des Armées a apporté des éclaircissements sur la situation administrative du soldat. Ce dernier ne possède pas la nationalité française. S’il disposait d’un titre l’autorisant à résider en France métropolitaine, il ne détenait pas d’autorisation pour se rendre en Colombie.
La Légion étrangère constitue une force combattante de l’armée de terre française rassemblant 9 000 soldats de nationalités diverses, placés pour l’essentiel sous le commandement d’officiers français.
Un contexte sécuritaire tendu
Cette action intervient alors que la Colombie fait face à une période de forte violence liée aux affrontements entre groupes armés pour le contrôle du trafic de cocaïne. L’EMC, dirigée par Ivan Mordisco, considéré comme le guérillero le plus recherché du pays, refuse l’accord de paix conclu en 2016 avec les Farc.
De son côté, le président Abelardo de la Espriella, investi au début du mois d’août, a promis une riposte ferme incluant des campagnes de bombardements massifs contre les cartels de la drogue, à la suite d’une série d’attaques et d’enlèvements récents. L’armée colombienne avait pour sa part indiqué ne pas envisager, en l’état, d’opération militaire en vue de libérer le caporal.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
