Les citoyens islandais se sont prononcés à 52,8 % contre la reprise des discussions en vue d’une éventuelle adhésion à l’Union européenne, selon les chiffres de la radiotélévision publique RÚV. Le « oui » a recueilli 47,2 % des suffrages lors de ce scrutin organisé samedi. Les résultats définitifs ont entériné une nette opposition dans les zones rurales, où le « non » a atteint près de 60 % dans les régions du Nord-Ouest et du Sud, tandis que la capitale, Reykjavik, a voté à environ 58 % en faveur de la proposition.
Réactions contrastées des dirigeants et des citoyens
La Première ministre de centre gauche, Kristrún Frostadóttir, a annoncé qu’elle respecterait ce verdict issu des urnes, tout en soulignant l’importance d’une participation élevée. Elle avait indiqué auparavant qu’elle abandonnerait totalement la question de l’adhésion pour le reste de son mandat en cas de rejet par les électeurs. La ministre des Affaires étrangères, Thorgerður Katrín Gunnarsdóttir, est également apparue pour saluer ses soutiens à Reykjavik.
Dans la capitale, les réactions de la population se sont révélées partagées. Le pasteur Skuli Olafsson Skuli s’est dit soulagé face à un débat qu’il a jugé agressif, tandis que l’artiste Anna Maria Bogadottir a fait part de son sentiment de déni face à l’issue du scrutin. De son côté, l’ancien président islandais Ólafur Ragnar Grímsson a estimé sur le réseau social X que « la nation s’est exprimée ».
La réponse prudente des institutions européennes
À Bruxelles, la Commission européenne a publié un bref communiqué indiquant qu’elle « prend acte du résultat du référendum islandais » et « respecte le choix du peuple islandais », tout en rappelant que le pays reste un partenaire proche du bloc communautaire. Un porte-parole a précisé que cette décision pourrait freiner l’élan en faveur de l’élargissement de l’Union. Le président du Conseil européen, António Costa, a pour sa part échangé des messages avec la Première ministre Kristrún Frostadóttir afin de manifester la volonté de consolider les relations bilatérales.
Plusieurs personnalités de droite en Europe ont salué ce vote. Le chef de Reform UK, Nigel Farage, a félicité l’Islande pour avoir opté pour le maintien de son indépendance, tandis que Marine Le Pen a estimé que ce résultat démontre qu’une autre Europe constituée de nations libres et souveraines est envisageable. L’Islande avait initialement candidaté à l’adhésion en 2009 avant que les pourparlers ne soient interrompus en 2013 par un gouvernement eurosceptique.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
