La société française Velvet a officialisé l’obtention de sa licence d’exploitation pour le réseau ferroviaire national, délivrée par le ministère des Transports. Ce premier agrément réglementaire permet à l’entreprise de se positionner face à la SNCF sur des lignes à grande vitesse dans l’ouest de la France dès 2028. La compagnie prévoit de desservir plusieurs destinations en partant de Paris, notamment Bordeaux, Nantes, Angers et Rennes.
Cofondée en 2022 sous le nom de projet Proxima par Rachel Picard, ancienne dirigeante des activités de grande vitesse à la SNCF, et par Timothy Jackson, actuel directeur du développement, l’entreprise entend répondre à une forte demande sur la façade atlantique. Selon la présidente de Velvet, une partie des voyageurs se retrouve actuellement sans place en raison d’un manque de trains.
Pour mener à bien ce projet, la compagnie a levé un milliard d’euros auprès du fonds d’investissement Antin Infrastructure Partners. Une somme de 850 millions d’euros a été attribuée à l’achat de douze rames de dernière génération auprès du constructeur Alstom. Une première rame a été présentée au public, tandis que des essais sont conduits avant les tests sur rails prévus pour 2027.
Les prochaines étapes réglementaires et opérationnelles
L’obtention de cette licence financière et juridique autorise Velvet à progresser dans l’organisation de ses circulations. L’entreprise doit désormais solliciter des créneaux horaires, appelés « sillons », auprès du gestionnaire d’infrastructure SNCF Réseau. En outre, la société devra impérativement obtenir un certificat de sécurité unique pour garantir la maîtrise des risques avant le démarrage de son exploitation commerciale.
Concernant le modèle économique, l’entreprise compte proposer un volume de dix millions de places par an. Sa dirigeante a souligné que les tarifs pratiqués devront tenir compte du coût des péages ferroviaires versés à SNCF Réseau, représentant une part importante des charges, ainsi que des dépenses liées à l’énergie, aux salaires et au matériel.
Un marché ferroviaire en mutation
L’arrivée de Velvet s’inscrit dans le contexte de l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire de voyageurs en France. D’autres acteurs ont déjà investi le marché, à l’instar de l’entreprise italienne Trenitalia sur le Sud-Est ou de l’espagnol Renfe. D’autres projets nationaux émergent également, portés par des sociétés comme Le Train ou Kevin Speed.
Cette concurrence naissante suscite des débats sur l’aménagement du territoire. La direction de la SNCF plaide pour que les nouveaux entrants desservent également les gares intermédiaires moins rentables. Une exigence rejetée par Velvet, qui fait valoir sa contribution financière au réseau à travers le paiement des péages et la limitation de sa flotte à douze rames.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
