Le Parlement du Liechtenstein, réuni à Vaduz, s’est prononcé mercredi en faveur d’un texte ouvrant la voie à la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse au cours du premier trimestre de la gestation. Le Landtag a entériné cette démarche portée par des citoyens à la plus courte majorité possible.
Le président du Parlement, Manfred Kaufmann, a rendu public le résultat du scrutin, précisant que treize députés sur les vingt-cinq présents ont accordé leur aval à ce projet. Cette proposition avait été impulsée par le comité mené notamment par Tatjana As’Ad, membre de la formation de gauche Freie Liste. La pétition a rassemblé 4 970 paraphes, surpassant largement le seuil minimal de 1 000 signatures exigé, une mobilisation remarquable dans cette nation comptant environ 41 000 habitants où la religion catholique est religion d’État.
Une législation actuellement très répressive
Dans la principauté alpine, la législation actuelle prohibe l’avortement en dehors de situations très limitées, telles qu’un danger pour la vie de la parturiente ou une grossesse consécutive à un viol. Les peines encourues s’élèvent à un an d’incarcération pour les femmes enceintes interrompant leur gestation, et jusqu’à trois années de réclusion pour les praticiens agissant en dehors du cadre dérogatoire.
Un précédent vote populaire organisé sous forme de référendum en 2011 s’était soldé par un rejet de la dépénalisation, 52 % des votants s’étant prononcés contre. Pour le scrutin actuel, un représentant du parti Freie Liste a sollicité l’organisation d’un nouveau référendum, bien que le texte ait triomphé au Parlement. Cette requête a toutefois été écartée par treize voix contre douze.
L’obstacle du veto du prince Aloïs
Le prince héréditaire Alois, qui exerce les fonctions de régent et détient une prérogative de veto, a fait part de son hostilité face à ce projet législatif. L’intervention du souverain pourrait ainsi bloquer l’application de la mesure voulue par les députés du Landtag.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
