L’ancienne dirigeante de la chaîne RT, Xenia Fedorova, s’apprête à reprendre ses interventions sur une antenne télévisée. La chaîne du groupe Canal+ a officialisé la nouvelle par la voix du présentateur Gauthier Le Bret. La chroniqueuse interviendra dorénavant en visioconférence depuis l’étranger, le gouvernement français lui interdisant la présence sur le territoire national.
Visée par un arrêté d’expulsion du ministère de l’Intérieur daté du 29 juillet et par un gel de ses avoirs, la quadragénaire poursuit ses collaborations avec les supports du milliardaire Vincent Bolloré. Elle continue notamment de signer des tribunes dans le JDD et le JDNews. Ses deux recours déposés devant la justice française ont toutefois été retoqués.
Une intervention à distance jugée légale
Sur le plan juridique, les services de la chaîne ont validé ce format à distance. Un avis partagé par Serge Slama, spécialiste du droit public enseignant à l’université Grenoble Alpes, qui rappelle qu’un arrêté d’expulsion ne prive pas une personne de sa liberté d’expression et que les États ne peuvent interdire une parole émise depuis l’étranger. L’Arcom conserve néanmoins un droit de regard si la chaîne venait à diffuser son point de vue sans contrepartie ni regard critique.
En raison du gel de ses avoirs, qui interdit la mise à disposition de fonds ou de ressources économiques à son profit, elle ne peut toutefois pas être rémunérée par les médias du groupe Bolloré pour ses chroniques, précise le juriste.
Vives réactions politiques et associatives
Ce retour annoncé suscite de fortes oppositions. Valérie Hayer, patronne des eurodéputés Renew Europe, estime que les médias du groupe devront répondre de leurs obligations légales en matière de pluralisme, d’honnêteté et de rigueur, tout en soulignant la menace plus large de l’influence russe et de la guerre hybride.
Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a pour sa part qualifié la ressortissante russe de propagandiste patentée servant de relais aux actions de désinformation du Kremlin, qualifiant son cas de menace d’ingérence.
Du côté du Comité Diderot, qui combat la désinformation russe, ce retour est perçu comme une limite de l’option d’expulsion retenue par le gouvernement, les experts regrettant que l’intéressée n’ait pas été inscrite sur les listes européennes de sanctions pour bloquer totalement ses ressources économiques.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
