Face aux conséquences climatiques pesant sur le secteur agricole, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a annoncé la mise en place d’un plan d’urgence doté de plus d’un milliard d’euros. Ce dispositif vise prioritairement à soutenir les trésoreries des exploitations en difficulté, avec pour objectif d’éviter les faillites tout en favorisant la relance de la production. Selon les autorités, ces mesures constituent une première étape avant l’élaboration d’un plan d’adaptation structurel de la filière.
Des critiques sur l’ampleur du dispositif
Cette annonce a suscité des réactions contrastées au sein de la classe politique. L’eurodéputé Gilles Pennelle, membre de la Commission de l’agriculture au Parlement européen, a vivement critiqué cette initiative. Qualifiant le plan de « véritable scandale », il estime que les aides proposées sont insuffisantes au regard des pertes subies par le secteur, qu’il évalue à 10 milliards d’euros.
Pour l’élu, la ministre de l’Agriculture ne mesure pas la détresse réelle des agriculteurs confrontés à des trésoreries vides. Il considère que cette réponse gouvernementale illustre une incapacité à gérer une crise majeure et affirme que les paysans ne constituent pas une priorité pour l’exécutif. Il a ajouté qu’il manquait un milliard supplémentaire pour répondre aux besoins réels du terrain.
Débat sur la gestion de l’eau
Au-delà du volet financier, Gilles Pennelle a profité de cette prise de parole pour appeler à une évolution de la politique de gestion de l’eau. Il préconise le développement du stockage et de l’irrigation, estimant que ces infrastructures auraient permis aux agriculteurs de mieux résister aux épisodes de sécheresse. Il a par ailleurs critiqué ce qu’il nomme l’idéologie verte, à laquelle le gouvernement succomberait selon lui, au détriment des besoins concrets du monde agricole. De son côté, le chercheur François Gemenne a souligné que l’enjeu principal réside dans l’obtention de financements permettant au modèle agricole d’évoluer structurellement, plutôt que de se limiter à la simple compensation des pertes financières enregistrées au cours de l’année.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
