Face aux propos de Donald Trump évoquant le Canada en tant que cinquante-et-unième État américain, une alternative a émergé. Ursula von der Leyen a ainsi suggéré d’ouvrir la voie à un tout premier statut de membre associé au sein de l’organisation européenne.
Cette proposition s’accompagne d’autres pistes de collaboration. Le territoire canadien pourrait également intégrer un futur conseil de sécurité européen, aux côtés de l’Ukraine, de la Norvège et du Royaume-Uni. Des juristes basés à Bruxelles s’étaient penchés sur une adhésion complète, avant de conclure qu’elle s’avérait impossible en raison d’impératifs géographiques.
Du côté canadien, la perspective d’un resserrement des liens est palpable. Le premier ministre Mark Carney a souligné les convergences de valeurs, de priorités et de complémentarités unissant les deux partenaires. Un sondage réalisé au mois de mars indiquait par ailleurs que cette éventualité recueillait l’adhésion d’une part significative de la population, s’établissant à 58 %.
Cependant, l’annonce de ce statut inédit soulève également des interrogations concrètes et des doutes au sein de la classe politique et de l’opinion publique. L’opposition conservatrice a immédiatement érigé la défense de la souveraineté en ligne rouge. Le chef de l’opposition, Pierre Poilievre, a exprimé l’opposition de son camp à l’idée d’assimiler les politiques frontalières, d’appliquer les droits européens ou d’assujettir les citoyens canadiens à des prélèvements fiscaux décidés en Europe. Tout en réaffirmant son appui au libre-échange ainsi qu’à la coopération en matière de défense, il a exprimé de nettes réserves.
Le gouvernement fédéral adopte pour sa part une posture prudente. Tout en saluant la perspective d’un partenariat renforcé et ambitieux avec les Européens, l’exécutif évite d’employer la formule du statut de membre associé dans ses communications officielles. Cette réserve fait écho aux tendances observées dans l’opinion, où une large majorité de citoyens, estimée à huit sur dix, exprime le souhait de resserrer la collaboration avec le continent européen tout en conservant une position extérieure.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
