Un changement majeur s’annonce pour les examens nationaux. Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a dévoilé dans un entretien les contours d’un nouveau barème destiné à évaluer la maîtrise de la langue dès la session 2027 du baccalauréat et du brevet. Cette disposition s’appliquera de manière transversale, englobant l’ensemble des matières scolaires, y compris les mathématiques.
Élaboré par l’Inspection générale pour chaque discipline et chaque épreuve, ce dispositif repose sur une grille d’évaluation commune structurée en quatre échelons, allant de « très insuffisant » à « très satisfaisant ». Les critères retenus englobent l’orthographe, la syntaxe, le vocabulaire ainsi que la structuration de la pensée.
Deux points de pénalité et des copies sanctionnées
Le ministre a précisé la portée concrète de cette grille d’évaluation pour les candidats. Une expression jugée mauvaise pourra ainsi occasionner un retrait automatique de deux points, peu importe la matière concernée. De surcroît, pour les matières nécessitant une rédaction développée telles que l’histoire-géographie ou le français, le ministre indique qu’une copie pénalisée par des défaillances orthographiques, une mauvaise construction des phrases ou un défaut dans l’ordonnancement des idées se verra attribuer une note inférieure à la moyenne.
Cette initiative fait suite à une première application jugée inégale lors des sessions précédentes, en raison d’un manque de précisions qui avait également suscité des interrogations chez des élèves et des enseignants quant à la nécessité de connaître les règles en amont de l’année scolaire. Le ministère prévoit ainsi de diffuser à venir des examens types pour le brevet, tout en critiquant la simplification progressive des sujets proposés par le passé et en affichant sa volonté de valoriser l’analyse et la déduction.
Le scepticisme du corps enseignant
Du côté des équipes pédagogiques, l’accueil de cette annonce est mitigé. De nombreux enseignants estiment que la mise en place de cette nouvelle grille barémique ne suffira pas à remonter le niveau général de français des élèves. Pour justifier les orientations prises, Édouard Geffray évoque le classement PISA, qui met en lumière une baisse générale des compétences linguistiques, tout en insistant sur l’importance du climat scolaire. Rappelant que la France occupe la 79e place sur 82 pays pour cet indicateur, il souligne qu’un environnement perturbé par un bruit constant nuit aux apprentissages, tout en affirmant privilégier une stratégie constante et à long terme plutôt qu’un bouleversement radical.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
