Une initiative visant à tisser des liens institutionnels étroits entre l’Union européenne et le Canada provoque des remous diplomatiques de l’autre côté de l’Atlantique. La dirigeante de l’exécutif communautaire a effectivement formulé le vœu d’intégrer le pays nord-américain en tant que premier membre associé de l’organisation paneuropéenne. Cette perspective s’accompagne d’une éventuelle participation du gouvernement canadien au futur Conseil européen de sécurité souhaité par Bruxelles.
Cette orientation n’a pas tardé à faire réagir le président des États-Unis. Interrogé par les journalistes, le dirigeant américain a qualifié la démarche d’aberration. En pleine période de désaccords commerciaux avec Ottawa, il a averti qu’il considérait cette démarche comme un geste agressif. Par conséquent, il a brandi la menace d’interrompre l’ensemble des flux commerciaux avec le Vieux Continent ou d’instaurer des taxes douanières particulièrement lourdes.
Une volonté d’apaisement face aux avertissements américains
Du côté des institutions européennes, un porte-parole chargé du commerce a tenu à désamorcer la polémique, affirmant que le renforcement de ce partenariat ne vise personne et ne constitue nullement une alliance dirigée contre les États-Unis. Le chef du gouvernement canadien, actuellement en déplacement à Strasbourg pour prononcer un discours devant les parlementaires européens, regarde cette ouverture d’un œil favorable alors qu’il fait front face aux pressions de Washington.
À Paris, le ministre délégué aux Affaires européennes a salué l’idée d’intensifier la relation avec Ottawa, estimant qu’il s’agit d’une excellente démarche tout en reconnaissant que la forme juridique de cette association reste à préciser. Il a également insisté sur le fait que la définition des orientations géopolitiques de l’Europe ne relève pas de la compétence américaine.
Des enjeux économiques et institutionnels
Le chef de l’exécutif canadien cherche activement des appuis pour contrer les exigences tarifaires de Washington. Son intervention devant les eurodéputés pourrait également aborder la ratification de l’accord commercial CETA, qui attend toujours d’être validé par l’ensemble des États membres de l’Union européenne près de dix ans après sa conclusion. L’accueil réservé à cette visite parlementaire et les suites données au statut d’associé restent suivis avec attention.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
