Une foule immense s’est rassemblée jeudi 8 octobre à Madrid, à la nuit tombée, pour rendre un dernier hommage à Maricarmen Abascal. Près de 20 000 personnes, selon les estimations, ont participé à cette marche partie de la Puerta del Sol pour se rendre jusqu’à l’ancien domicile de la retraitée. Les manifestants ont brandi son portrait, une couronne funéraire, des fleurs et des bougies, observant également une minute de silence sur la place de Cibeles.
María del Carmen Abascal, âgée de 87 ans et se déplaçant en fauteuil roulant, est décédée à l’hôpital mercredi. Sa disparition est intervenue deux semaines après son expulsion d’un appartement qu’elle occupait depuis des décennies. La société immobilière propriétaire des lieux avait fortement majoré le loyer, conduisant à son évacuation sur une civière. Bien qu’un accord ait été trouvé pour qu’elle puisse regagner son domicile avec un loyer réduit, elle a finalement passé ses derniers instants à l’hôpital. Sa situation a fait d’elle l’emblème de la crise du logement en Espagne.
Cette disparition a ravivé la colère contre la flambée des loyers et les expulsions. Alicia del Río, porte-parole du Syndicat des locataires de Madrid, a salué l’engagement de la retraitée pour la défense de ses droits. Rosa Marin, enseignante de 48 ans présente sur place, a affirmé que Maricarmen demeurera un symbole de lutte. Anton Alexander, professeur de photographie, a quant à lui qualifié cette mobilisation de déclencheur pour placer la question immobilière au centre des préoccupations.
Sur la Puerta del Sol, des centaines de personnes ont prolongé la contestation en campant sur place afin d’exiger des logements abordables. De son côté, le gouvernement de gauche a adopté deux décrets visant à renforcer la protection des locataires vulnérables et à garantir le renouvellement automatique des baux. Toutefois, ces dispositions ont été rejetées au Parlement par l’opposition conservatrice et d’extrême droite. Face à ce blocage, le chef du gouvernement, Pedro Sánchez, s’est vu contraint de fixer des élections anticipées au 29 novembre.
Manuel Martin, un retraité de 67 ans participant au rassemblement, a estimé que la classe politique actuelle se montre particulièrement incompétente et qualifié la crise immobilière de problème national structurel. Les manifestants ont promis de poursuivre ce combat intergénérationnel, scandant des slogans traduisant leur indignation face à cette situation.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
