Le chef du Parti des travailleurs (PT) a déjoué les pronostics et les statistiques défavorables en s’imposant lors du second tour de l’élection présidentielle brésilienne. Alors que les sondages le donnaient perdant la veille encore et qu’il était arrivé derrière son rival, Flavio Bolsonaro, au premier tour, le président sortant a conquis dix millions de voix supplémentaires pour s’assurer un nouveau mandat.
Cette victoire constitue une première depuis le retour du Brésil à des élections présidentielles au suffrage direct en 1989, aucun candidat n’étant parvenu jusqu’alors à inverser la tendance entre les deux tours de scrutin. Lors de son discours de victoire, le dirigeant a exprimé sa gratitude, déclarant devoir son parcours à une immense générosité envers son profil sans diplôme universitaire.
Né le 27 octobre 1945 à Garanhuns, dans l’État de Pernambouc, le septième enfant d’un couple de paysans analphabètes a connu une trajectoire atypique. Établi à São Paulo dès son enfance, il a exercé divers métiers, notamment vendeur ambulant, cireur de chaussures et aide dans une teinturerie, avant de devenir ouvrier métallurgiste et de s’engager comme syndicaliste. C’est à la tête des grèves des métallurgistes entre 1978 et 1980, durant la dictature militaire, qu’il s’est fait remarquer avant de cofonder le Parti des travailleurs en 1980.
Après plusieurs échecs aux scrutins de 1989, 1994 et 1998, il avait accédé pour la première fois à la présidence en 2002. Ses mandats antérieurs ont été marqués par l’instauration de programmes sociaux d’envergure tels que « Bolsa Família » en 2003 et « Fome Zero », contribuant à réduire la pauvreté et l’analphabétisme. Sa trajectoire politique a toutefois connu une interruption brutale lorsqu’il a été incarcéré en mars 2018, à la suite de condamnations liées au méga-procès « Lava Jato ». Après avoir passé 580 jours en détention, il a été libéré en novembre 2019 à la faveur d’un changement de jurisprudence, avant que la Cour suprême fédérale n’annule ses condamnations en 2021.
À l’âge de quatre-vingt-un ans, le dirigeant du PT s’est engagé à accomplir le meilleur mandat de l’histoire du pays, tout en héritant d’une nation profondément polarisée.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
