L’auteur présumé de l’attaque armée perpétrée le 23 octobre dans les Yvelines fait l’objet d’une mise en examen pour « assassinat et tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste ». Le parquet a indiqué que la circonstance aggravante des faits commis en raison de l’appartenance vraie ou supposée à une ethnie, une nation, une prétendue race ou une religion déterminée a été retenue. L’individu, nommé Kévin T. et âgé de 39 ans, a ensuite été placé sous écrou par une source judiciaire.
Une préparation minutieuse et des motivations ciblées
Lors d’une conférence de presse, le procureur national antiterroriste, Olivier Christen, a rapporté que le mis en cause avait admis la préméditation de ses actes. L’assaillant a expliqué avoir expressément choisi de s’en prendre à des personnes de type musulman, africain ou nord-africain. Il a également motivé son choix de la commune de Trappes par le fait qu’il s’agissait selon lui d’un repaire d’islamistes. Tout en reconnaissant le déroulement des faits, il a rejeté toute qualification terroriste, qualifiant son action de légitime et affirmant ne ressentir aucun remords.
L’équipée meurtrière s’est étalée sur une distance de douze kilomètres, traversant Trappes et La Verrière, au cours de laquelle le tireur a fait feu à huit endroits différents avec un pistolet-mitrailleur Sten de 9 mm. Bilan de ces tirs en rafale : un mort, identifié comme Pengo Bossio Wangi, âgé de 26 ans, et sept personnes blessées, dont quatre se trouvent dans un état grave. L’enquête a mis en avant une grande préparation criminelle, le tireur ayant acquis dès le mois de septembre des composants pour optimiser l’efficacité de son arme, en plus d’avoir apuré ses dettes familiales, supprimé ses profils sur les réseaux sociaux, revendu son ordinateur et dissimulé son téléphone portable.
Éléments découverts lors des perquisitions et profil
Les investigations menées au domicile du suspect situé à Plaisir, dans les Yvelines, ont permis de saisir un exemplaire du Coran, une Bible ainsi que l’ouvrage Mein Kampf d’Adolf Hitler. Des autocollants non officiels confectionnés plus d’un an auparavant et comportant des slogans relatifs au Rassemblement national ou aux forces de l’ordre ont également été retrouvés dans un tiroir. Le magistrat a précisé que le mis en cause n’appartenait à aucune formation politique et a expliqué sa présence sur de anciennes photographies de militants par une volonté ancienne d’infiltrer les mouvements de gauche.
Concernant la santé mentale du suspect, qui consomme des stupéfiants depuis son adolescence et prend des traitements antidépresseurs et antipsychotiques depuis l’âge de 25 ans, le procureur a indiqué qu’il ne présentait pas de signes cliniques de pathologie aliénante caractérisée. La mention d’une schizophrénie relève ainsi d’une interprétation personnelle du suspect plutôt que d’un constat médical avéré.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
