L’État a donné son accord pour l’installation d’une gigantesque ferme d’élevage de saumons en Gironde. Porté par l’entreprise Pure Salmon et soutenu par un fonds d’investissement singapourien, ce projet représente un investissement de 280 millions d’euros. L’usine doit voir le jour à partir de 2027 au Verdon-sur-Mer, s’étendant sur une superficie de 14 hectares sur une friche industrialo-portuaire située à l’extrémité de l’estuaire de la Gironde.
Un intérêt économique mis en avant par l’État
La préfète de la Gironde, Sophie Brocas, a justifié cette décision en soulignant qu’il s’agit d’un atout économique et industriel majeur pour la région. Le projet doit permettre la création de 250 emplois directs. L’objectif affiché est de produire localement 10 000 tonnes de saumon par an sur le territoire national, alors que la France importe actuellement 99 % de sa consommation pour ce poisson.
Selon la société Pure Salmon, cette structure deviendrait la plus importante de l’Union européenne, bien que la Norvège atteigne des productions de 12 000 tonnes par an. Le site utilisera une technologie d’élevage à terre en circuit fermé basée sur un système de recirculation d’eau, désigné par l’acronyme « RAS ». La préfecture assure que cette méthode est reconnue comme la plus vertueuse quant aux volumes d’eau nécessaires et que l’autorisation environnementale comprend des prescriptions très strictes assorties d’un contrôle permanent.
Une vive contestation des opposants et des divisions gouvernementales
Le dossier suscite une forte opposition de la part de riverains, de parlementaires et de diverses organisations. En janvier, plusieurs centaines de personnes avaient manifesté sur le site pour dénoncer des risques environnementaux jugés excessifs, lors de la clôture d’une enquête publique marquée par plus de 20 000 contributions quasi uniforment défavorables. Vingt-sept ONG regroupées dans un « Appel pour l’océan » ont qualifié l’initiative de démesurée pour l’écosystème de l’estuaire, tandis que des structures comme l’Ifremer ont pointé un changement d’échelle comportant encore peu de références opérationnelles à travers le monde.
Le projet a également provoqué des désaccords au sein du gouvernement. La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, s’y était opposée à titre personnel devant le Sénat en avril, tandis que le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, avait affirmé en juin qu’il n’existait aucune raison pour que le projet n’aboutisse pas. D’autres initiatives similaires connaissent des sorts divers en France, à l’instar d’un projet à Boulogne-sur-Mer confronté à des recours administratifs ou de l’abandon d’un plan comparable près de Guingamp face à la fronde locale.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
