Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’est rendu en Gironde pour détailler un train de mesures destiné à la reconstruction des territoires meurtris par les récents incendies estivaux. Accueilli par des huées d’habitants au Porge, où 183 habitations ont brûlé en juillet, le chef du gouvernement a affirmé sa volonté de déployer une aide financière d’envergure. « On assume de sortir l’artillerie lourde », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Mérignac.
Une enveloppe initiale pour les collectivités et des exonérations ciblées
Un fonds de 12 millions d’euros est immédiatement débloqué pour la Gironde et les Landes afin de permettre aux municipalités d’engager des travaux d’urgence sans délai. Sur cette somme, 10 millions d’euros sont attribués à la Gironde — où le feu a ravagé 42 000 hectares, constituant le plus grand incendie en superficie en France depuis 1949 — et 2 millions d’euros reviennent aux Landes, qui ont déploré 3 700 hectares brûlés. Près de 450 maisons, bâtiments et commerces ont été détruits dans ces deux zones. Pour dynamiser la fréquentation touristique locale en berne, un plan de communication de deux millions d’euros, cofinancé par l’État et piloté par le ministre du Tourisme et du Commerce Serge Papin, sera également mis en place.
Sur le front fiscal et social, les entreprises dont les locaux ont subis des destructions bénéficieront d’un dégrèvement intégral de leurs taxes foncières et de leurs cotisations foncières des entreprises (CFE). L’État prendra par ailleurs en charge la taxe foncière des entreprises due aux collectivités et exonérera de cotisations sociales, pendant trois mois, les structures sinistrées ainsi que celles situées dans une zone évacuée. Du côté des acteurs économiques locaux, l’organisation patronale Les Entrepreneurs de Gironde juge toutefois que « le compte n’y est pas », tandis que la Chambre de commerce et d’industrie locale redoute l’arrêt définitif de pans entiers de l’économie face à l’épuisement des chefs d’entreprise.
Accélération des permis de construire et fermeté face aux assureurs
Le gouvernement compte introduire un article inspiré de la loi « Notre-Dame-de-Paris » dans un texte législatif en cours sur le logement. Cette disposition permettra de doter les maires et la préfecture d’une base légale exceptionnelle pour accélérer les procédures. D’après les précisions apportées par Vincent Jeanbrun, qui détient le portefeuille en charge de la Ville et du Logement, les permis de construire pour rebâtir à l’identique les habitations détruites seront délivrés en moins d’un mois, tout en limitant les recours des tiers aux seuls éléments modifiés.
Sébastien Lecornu a par ailleurs adressé un avertissement direct aux compagnies d’assurances, menaçant de divulguer publiquement les noms de celles qui se montreraient réticentes à indemniser les victimes. Concernant la gestion opérationnelle des secours, vivement contestée par certains riverains persuadés que leurs biens ont été sacrifiés, le Premier ministre a rejeté les théories complotistes tout en annonçant que la préfecture et les services d’incendie organiseraient des réunions d’explication détaillées avec la population.
Extension des aides au Var et réunion au fort de Brégançon
En visite dans le Var, le président de la République Emmanuel Macron a annoncé que les communes de son département, également touchées par des brasiers cet été, bénéficieront des « mêmes dispositifs » et mécanismes d’accompagnement que ceux prévus pour la Gironde. Cette annonce a notamment été saluée par la maire de Barjols. Un point d’étape doit par ailleurs se tenir dans la soirée au fort de Brégançon lors d’une réunion de travail associant le chef de l’État, le Premier ministre et le maire de Bormes-les-Mimosas.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
