L’ancien ministre ukrainien de la Défense, Mykhaïlo Fedorov, a pris la parole pour demander la tenue d’élections. Dans une allocution vidéo diffusée mardi sur la plateforme YouTube, le responsable politique écarté du gouvernement a estimé que le système représentatif ne devait pas subir la captivité des agissements russes. Malgré la situation de guerre à grande échelle initiée par Moscou en février 2022 et le maintien de la loi martiale interdisant un tel scrutin, il juge impératif de relancer la vie institutionnelle.
Celui qui avait été désigné en janvier, à l’âge de trente-cinq ans, pour mener d’importantes transformations au sein de l’armée a concédé la difficulté de mener à bien un tel processus. Il a notamment pointé l’obstacle que représente le vote des soldats, des administrés résidant à proximité des zones de combat ainsi que des millions de citoyens exilés à l’étranger. Des arguments que le président Volodymyr Zelensky avait déjà exposés pour justifier l’ajournement du vote présidentiel. Pour autant, l’ancien membre du gouvernement refuse l’idée d’une impossibilité, estimant que son pays a l’habitude de surmonter ce que d’autres estiment infaisable, tout en appelant à concevoir une méthode à la fois sûre et conforme au droit.
Cette prise de position intervient dans un contexte de forte agitation sociale. Le limogeage de l’ex-ministre par le chef de l’État en juillet dernier a provoqué une contestation populaire qui s’est prolongée en août. Sous la pression de cette fronde, le président Volodymyr Zelensky a également remplacé le commandant de l’armée, Oleksandre Syrsky, perçu comme le rival de l’ancien ministre. D’après l’ancien conseiller et soutien Serguiï Sternenko, une nouvelle mobilisation en faveur de Mykhaïlo Fedorov doit se tenir mercredi matin devant le Parlement.
Par ailleurs, le chef de l’État a désigné Ievgueniï Khmara, un membre des services de sécurité (SBU) sans passé politique, au poste de ministre de la Défense par intérim. Cette démarche semble exclure tout retour en arrière. La validation définitive de sa charge a été soumise au Parlement, dont la rentrée s’est effectuée mardi après la trêve estivale, avec un vote possible dès mercredi. De son côté, l’ancien ministre n’a donné aucune précision quant à ses projets professionnels à venir, tout en affirmant qu’il ne réintégrerait l’exécutif qu’à son poste de la Défense.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
