Face aux difficultés générées par les chocs externes, l’Union européenne doit capitaliser sur son principal atout, à savoir le vaste marché unique. C’est l’analyse développée par Piero Cipollone, qui insiste sur la nécessité de permettre aux sociétés de croître pour atteindre des économies d’échelle. Cette dynamique permettrait de baisser les coûts de production dans des secteurs clés tels que l’automobile, l’industrie manufacturière traditionnelle, la finance ou les technologies de l’information.
Toutefois, la persistance de barrières à la libre circulation des biens et des services freine cette expansion. Comme l’ont documenté Mario Draghi et Enrico Letta, ces entraves empêchent les acteurs économiques d’atteindre le niveau d’efficacité requis pour rivaliser avec les autres géants mondiaux. La priorité absolue consiste donc à éliminer ces restrictions internes afin de tirer parti des opportunités offertes par un marché comptant 450 de certains des consommateurs les plus riches du monde.
Le rôle de la politique monétaire et la question énergétique
La stabilité des prix, mission statutaire confiée à l’institution monétaire, demeure indispensable pour procurer un environnement macroéconomique stable. Elle réduit l’incertitude et les coûts associés, tout en stabilisant les taux d’intérêt nominaux pour faciliter la planification des entreprises. En période de choc sur l’offre, comme un choc pétrolier, le relèvement des taux doit être calibré avec précision pour éviter de peser excessivement sur une croissance économique déjà ralentie.
Par ailleurs, les banques centrales disposent d’une marge de manœuvre limitée face aux hausses des prix des matières premières énergétiques. Leur rôle consiste à ancrer les anticipations d’inflation à moyen terme pour ramener l’indicateur à 2 %, garantissant ainsi que l’environnement macroéconomique se stabilise. Concernant les mesures budgétaires destinées à amortir les chocs, Piero Cipollone indique qu’elles doivent être temporaires, ciblées et limitées à ceux qui en ont réellement besoin.
La dépendance structurelle aux combustibles fossiles constitue le problème de fond. La réduction de cette dépendance protège durablement les foyers et les entreprises. Cette orientation justifie les investissements dans la sécurité énergétique, amendés par la Commission européenne au début du mois de juin, qui permettent de renforcer la compétitivité en réduisant les coûts énergétiques.
Productivité et perspectives économiques
La protection du pouvoir d’achat et la progression des salaires réels reposent sur la productivité. L’accroissement de la production pour des coûts et des normes de sécurité donnés passe par une meilleure utilisation des installations de production et une efficacité accrue du personnel, ce qui implique le système d’éducation et de formation face à l’émergence des technologies nouvelles et de l’intelligence artificielle.
Interrogé sur un éventuel risque de stagflation, Piero Cipollone qualifie cette menace de plutôt lointaine. Les données récentes montrent que l’économie européenne fait preuve de résilience malgré son ralentissement, tandis que l’inflation demeure en ligne avec les projections publiées en juin dernier.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
