Un projet spatial d’un genre inédit s’apprête à voir le jour sur le territoire métropolitain. La start-up HyPrSpace, installée à Bordeaux, a officialisé avec le ministère des Armées le départ de sa fusée baptisée Baguette One. Le vol est programmé pour l’année prochaine depuis les installations de la Direction générale de l’armement situées dans les Landes, à Biscarrosse.
Cette initiative constitue une première dans l’histoire spatiale française, aucun tir de ce type n’ayant jamais eu lieu depuis le sol national métropolitain. Jusqu’à présent, les lancements hexagonaux se concentrent majoritairement au centre spatial de Kourou, en Guyane, un site privilégié pour sa proximité avec l’équateur et son isolement géographique favorable à la mise en orbite de charges utiles.
Une technologie de propulsion hybride
Fondée en 2019, la structure bordelaise a pu compter sur un soutien financier au fil des années via le plan France 2030, lui permettant de lever plusieurs dizaines de millions d’euros. Cette enveloppe a servi au développement d’un moteur de fusée hybride inédit, combinant des éléments solides et liquides. Ce système de propulsion se veut plus simple à concevoir et plus économique à terme que les solutions traditionnelles.
Dans sa configuration actuelle, Baguette One se présente comme un simple démonstrateur. Son vol initial doit l’emmener à quelques centaines de kilomètres d’altitude avant un retour sur Terre orchestré par un système de parachutes qui permettra sa récupération. Par la suite, le constructeur envisage de développer un lanceur orbital nommé Orbital Baguette One, également désigné sous l’acronyme OB-1.
Des intérêts civils et militaires
Le choix de Biscarrosse pour ce premier essai répond à une logique de proximité avec les équipes bordelaises. La Direction générale de l’armement n’est pas une inconnue pour la jeune entreprise, qui a déjà profité de ses infrastructures pour mener des tests de moteurs au sol. De son côté, l’armée manifeste un intérêt certain pour ce type de lanceur, qui pourrait servir à des missions de défense, bien que les concepteurs ciblent également le marché civil.
À travers cette démarche, la firme met en avant l’enjeu de la souveraineté spatiale, dans un contexte de tensions internationales croissantes. D’autres acteurs privés français s’engagent sur une voie similaire, à l’instar de Latitude qui anticipe un premier essai en 2027, ou encore de MaiaSpace, qui a amorcé la construction de son usine.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
