Un important développement est survenu dans le cadre de l’enquête concernant la mort de Jovenel Moïse. Dix-huit personnes poursuivies ont été envoyées aux États-Unis ce dimanche 20 septembre, où elles devront comparaître devant une juridiction fédérale en Floride.
Pour rappel, l’ancien dirigeant haïtien avait perdu la vie à l’âge de 53 ans lors d’une attaque menée par un commando armé au sein de sa demeure privée située à Port-au-Prince. Cet événement tragique s’était déroulé durant les heures nocturnes séparant le 6 au 7 juillet 2021, en l’absence de toute intervention de sa garde rapprochée. Ce décès a accentué l’instabilité du pays, qui n’a plus de président en exercice et n’a organisé aucun scrutin depuis l’année 2016.
Les profils des personnes transférées
Parmi les dix-huit individus acheminés vers le territoire américain figure Joseph Félix Badio, ancien employé de l’unité de lutte contre la corruption, identifié comme l’un des principaux mis en cause. Les dix-sept autres personnes concernées sont des citoyens colombiens, d’après des informations émanant de sources haïtiennes. De son côté, le ministère colombien des Affaires étrangères a validé le fait de suivre ce déplacement tout en signalant une absence d’implication directe dans la procédure.
Des zones d’ombre et une procédure locale en suspens
Ces transferts vers le système judiciaire américain soulèvent des questions sur le rôle de la justice en Haïti et sur les modalités de déplacement de personnes poursuivies localement avant d’avoir subi un jugement sur place. Toutefois, un accord d’extradition lie les deux nations pour la transmission d’individus poursuivis ou condamnés pour des infractions spécifiques et selon des critères définis.
Dans le même temps, la justice haïtienne n’a toujours pas tenu de procès d’envergure cinq ans après les faits. En parallèle, des investigations menées à Montréal, au Canada, ont permis l’interpellation d’Ashkard Pierre Joseph, un ancien prestataire du consulat général d’Haïti dans cette ville. Ce dernier est décrit comme lié au pasteur Christian Emmanuel Sanon, actuellement incarcéré aux États-Unis dans le cadre du même dossier. D’autres recherches se poursuivent pour identifier et interpeller d’autres fuyards.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
