Le manque d’informations fiables a favorisé l’émergence d’un marché très lucratif autour des solutions censées atténuer les manifestations de la ménopause. Selon des chercheurs de l’University College London, certains observateurs parlent même d’une véritable « ruée vers l’or ». Entre compléments alimentaires, applications de coaching et objets connectés, l’efficacité de ces alternatives reste souvent limitée ou incertaine, l’effet placebo jouant un rôle important.
Compléments alimentaires et phytoœstrogènes
Les produits intégrant des phytoœstrogènes, comme les isoflavones de soja ou le trèfle rouge, sont fréquemment vendus comme des options naturelles. Des études indiquent qu’ils peuvent parfois diminuer légèrement les bouffées de chaleur. Néanmoins, cet impact demeure modeste, variable et inconstant selon les travaux scientifiques. Cette variabilité découle des différences métaboliques entre les femmes et de la fréquence de l’effet placebo. Ces solutions ne constituent pas des références thérapeutiques et s’avèrent déconseillées en cas d’antécédents de cancers hormonodépendants, à l’instar du cancer du sein, d’après les recommandations de précaution.
Le cas de la testostérone
D’après un rapport publié en 2019 par des experts internationaux dans le Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, aucune donnée solide ne démontre l’efficacité de la testostérone sur la fatigue, les bouffées de chaleur, la mémoire ou la silhouette. Le seul avantage validé concerne le trouble du désir sexuel hypoactif. La British Menopause Society insiste sur le fait que cette hormone nécessite un diagnostic précis, un encadrement médical et de faibles doses. En France, aucun médicament à base de testostérone n’est spécifiquement autorisé pour les femmes. Sans suivi, les surdosages peuvent provoquer des effets indésirables tels que de l’acné, une pilosité accrue, une perte de cheveux ou des modifications de la voix.
Applications et dispositifs de fraîcheur
Concernant les applications de coaching, leur qualité s’avère très inégale. Une analyse a révélé qu’une minorité d’entre elles intègre des professionnels de santé ou s’appuie sur des données scientifiques solides. Du côté des accessoires rafraîchissants comme les glaçons connectés ou les ventilateurs, la North American Menopause Society estime que les preuves manquent pour recommander ces outils en routine, les études existantes présentant de petites tailles et manquant souvent de groupes contrôles.
Diagnostic et traitements de référence
Le diagnostic de la ménopause après 45 ans repose essentiellement sur l’observation clinique, caractérisée par l’absence de règles depuis une année au moins. Les dosages hormonaux se révèlent généralement superflus, bien qu’un bilan biologique initial soit préconisé pour surveiller les risques cardiovasculaires et métaboliques.
Le traitement hormonal de la ménopause demeure la solution la plus efficace face aux bouffées de chaleur. En France, le protocole associe de l’estradiol par voie cutanée à de la progestérone pour les femmes possédant toujours leur utérus. Pour les patientes présentant des contre-indications, le fézolinétant constitue une alternative non hormonale agissant sur la régulation thermique cérébrale, bien qu’il impose une surveillance hépatique. Enfin, la Société française de ménopause indique que des pratiques comme le yoga, l’hypnose ou l’acupuncture affichent des résultats supérieurs au placebo, tandis qu’une bonne hygiène de vie demeure indispensable.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
