La contestation s’est intensifiée ce jeudi 1er octobre à travers le pays. L’Union syndicale lycéenne a appelé à un « acte deux » de la mobilisation, incitant également les étudiants à se joindre au mouvement. Les participants protestent contre la surcharge des classes ainsi que l’absence de professeurs, tout en réclamant davantage de moyens.
Tensions et dégradations dans plusieurs régions
La situation s’est nettement tendue au cours de la journée. À Nantes, le hall du lycée Nelson-Mandela a été détruit par un incendie après qu’un feu de poubelle s’est propagé, entraînant l’évacuation complète du personnel et des élèves. Des faits similaires ont été signalés à Bordeaux, où un établissement a également dû être évacué en raison d’un incendie, et à Bischheim, dans l’agglomération de Strasbourg, où la façade d’un établissement a été touchée.
Dans le département des Bouches-du-Rhône, la préfecture a recensé une vingtaine de lycées totalement bloqués. Dans le Nord, la commune d’Haubourdin a subi d’importants dégâts et des bâtiments municipaux ont été saccagés, tandis que les forces de l’ordre sont intervenues aux abords de l’établissement Faidherbe à Lille. Conséquence de ces perturbations, le lycée Beaupré ainsi que deux écoles situées à proximité resteront fermés durant deux jours. À Tours, des gaz lacrymogènes ont été employés par les forces de l’ordre face à des jeunes, dont certains étaient cagoulés. Des affrontements ont également eu lieu en Île-de-France, à Toulouse et à Bayonne.
Extension aux universités et mesures préventives
Le mouvement touche désormais l’enseignement supérieur. D’après un décompte actualisé transmis par le syndicat l’Union étudiante, 26 facultés étaient bloquées à 10 heures sur le territoire français. Parmi les universités concernées figurent notamment Paris Cité (campus Grands Moulins), Paris 1 Panthéon-Sorbonne, La Chapelle, Nanterre, Poitiers, Gustave-Eiffel en Seine-et-Marne, Sciences Po Rennes, Rennes 1, l’université de Bretagne-Occidentale, Lyon 2, Lyon 3, ainsi que des campus à Strasbourg, Montpellier et Aix-Marseille.
Face à ces rassemblements, plusieurs autorités ont pris des mesures de surveillance. Dans le Calvados, la préfecture a annoncé le déploiement de drones pour assurer une surveillance aérienne à Caen, Hérouville-Saint-Clair, Mondeville et au Centre interprofessionnel de formation de l’artisanat du Calvados (CIFAC). Le préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes a également autorisé l’utilisation de drones par voie numérique suite aux heurts observés.
Le gouvernement a pour sa part annoncé la mise en place prochaine d’une plateforme de concertation afin de permettre aux lycéens d’exprimer leurs inquiétudes et leurs revendications. Pour la seule journée de mercredi, le bilan communiqué fait état de 625 interpellations et de 83 policiers et gendarmes blessés, des violences qui avaient également été condamnées par le président Emmanuel Macron.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
