Depuis la publication d’une enquête par un média en ligne concernant d’anciens messages attribués à Jordan Bardella et datant des années 2013 à 2014, le contact entre la formation politique et les journalistes s’est considérablement distendu. Face à cette situation, l’organisation politique a opté pour un strict verrouillage de sa communication, limitant les prises de parole publiques à quelques porte-parole désignés par la direction et le cercle rapproché du président du mouvement.
Sur une application de messagerie sécurisée, les cadres ont rapidement qualifié les investigations de manœuvre occulte. De son côté, le président du parti a qualifié l’enquête de pseudo-preuves et a affirmé sur un réseau social que l’investigation s’effondrait déjà, estimant que les journalistes n’avaient présenté aucun argument. Il a également mis en cause l’utilisation de captures d’écran potentiellement modifiables.
Des vérifications techniques avancées
Pour étayer son enquête, le média d’investigation a diffusé des séquences vidéo montrant directement l’interface de la messagerie du réseau social Facebook. Les services de l’entreprise Meta ont permis à la source de récupérer l’historique des échanges couvrant l’année 2013 grâce au règlement européen sur les données personnelles. Un constat d’huissier a également été réalisé afin de certifier l’authenticité des fichiers obtenus.
Par ailleurs, les messages incriminés comportent divers éléments biographiques et des anecdotes personnelles concernant le dirigeant politique. Les écrits font notamment référence aux origines géographiques de ses parents, à ses anciennes études, à son engagement politique initial ainsi qu’à des souvenirs mentionnés ultérieurement dans son autobiographie publiée en 2024.
Un climat interne marqué par la suspicion
Cette séquence s’accompagne d’une atmosphère de méfiance accrue au sein de l’appareil politique. Des consignes ont été diffusées afin que les parlementaires cessent d’échanger avec les journalistes, certains responsables choisissant d’annuler l’ensemble de leurs rencontres prévues avec la presse. En parallèle, la direction cherche à identifier l’origine de fuites internes survenues précédemment, persuadée que plusieurs collaborateurs tentent de fragiliser la position de la présidence.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
