Pour tenter d’apaiser la mobilisation et les tensions dans les structures scolaires, le Premier ministre Sébastien Lecornu a adressé un courrier aux membres du gouvernement leur demandant de lancer cinq chantiers prioritaires. Les premières décisions découlant de cette feuille de route doivent être présentées avant la fin du mois d’octobre, en incluant leur coût, leur mode de financement ainsi qu’un calendrier précis. Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a reçu la charge d’animer l’ensemble de ces travaux.
Le premier axe de travail concerne la prise en charge des professeurs manquants lors d’indisponibilités prolongées ainsi que des postes demeurés vacants, en accordant la priorité absolue aux classes préparant des examens, aux filières spécialisées et à la voie professionnelle. La deuxième priorité touche à la réhabilitation des structures scolaires et aux conditions matérielles pour mieux préparer les locaux aux épisodes de fortes chaleurs, l’État invitant les collectivités régionales à recenser rapidement les chantiers nécessaires. Le troisième volet vise à réaménager les emplois du temps afin de raccourcir des journées jugées excessives, avec une possible utilisation de l’intelligence artificielle pour leur conception dès la rentrée à venir. Le quatrième chantier concerne la plateforme Parcoursup, le pouvoir exécutif promettant une clarté accrue sur les critères de sélection retenus pour la campagne de l’année prochaine. Enfin, le cinquième chantier ambitionne de donner des suites concrètes aux expressions de la jeunesse, chaque suggestion formulée devant recevoir un retour argumenté et un calendrier d’application.
En parallèle de ces mesures, la situation demeure critique sur le terrain. Le ministre de l’Éducation nationale a évalué entre 400 et 500 le volume d’établissements touchés par une interruption totale ou partielle des enseignements. En Île-de-France, Valérie Pécresse a fait savoir qu’un tiers des lycées se trouvaient fermés, tandis que l’exécutif maintient sa consigne d’utiliser l’enseignement à distance. Face aux violences enregistrées lors des rassemblements, le gouvernement a affirmé qu’aucun compromis ne serait fait face à la violence, exprimant son soutien aux élèves, aux membres des équipes éducatives ainsi qu’aux forces de l’ordre blessées, tout en accélérant l’examen d’un texte législatif visant à faire assumer aux auteurs le coût des dégradations.
Réactions syndicales et poursuite de la mobilisation
Du côté des organisations représentatives, les avis divergent. Élisabeth Allain-Moreno, secrétaire générale du SE-UNSA, a estimé qu’une limite inacceptable avait été franchie tout en soulignant l’urgence de prendre en compte ces doléances et de réinjecter des moyens dans les services publics d’enseignement. À l’opposé, le syndicat SNETAA-FO a qualifié les propositions ministérielles d’inadaptées face aux réalités des lycées professionnels, rappelant que les difficultés relatives au chauffage, au matériel et aux horaires avaient déjà été soulevées par les jeunes. Une grande manifestation nationale est par ailleurs programmée à l’appel de l’Union étudiante et de l’Union syndicale lycéenne.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
