Une plateforme regroupant dix propositions d’urgence pour la jeunesse a été lancée lundi par l’Union étudiante et l’Union syndicale lycéenne. Cette initiative, soutenue par l’Unef, la Fage et Solidaires étudiant.e.s, doit servir de base de discussion avec l’exécutif en vue du budget de l’État pour l’année à venir. La pétition associée à ces revendications a rassemblé plus de 9.000 signatures mardi midi, alors qu’une trentaine de manifestations étaient prévues partout en France et qu’une trentaine de sites universitaires faisaient l’objet de blocages.
Pour l’Union étudiante, représentée par sa co-secrétaire nationale Eloïse Lefebvre-Milon, ces propositions interviennent au lendemain d’annonces du Premier ministre Sébastien Lecornu portant sur cinq chantiers prioritaires, des mesures jugées creuses par le syndicat qui y voit une stratégie de communication pour apaiser la contestation. Les perturbations ont touché une grande partie des sites universitaires, entraînant des fermetures administratives préventives notamment à Aix-Marseille Université, l’université Paris Cité et Paris 1 – Panthéon Sorbonne.
Rénovation thermique, santé et postes d’enseignants
Le premier volet des revendications concerne le bâti scolaire et universitaire. Les organisations réclament un plan d’urgence pour réhabiliter des infrastructures jugées délabrées et insalubres, en intégrant des équipements de rafraîchissement contre les canicules ainsi qu’une isolation adaptée aux vagues de froid. La dotation de moyens suffisants pour l’entretien des locaux et la propreté des sanitaires est également exigée.
Sur le plan des effectifs, les syndicats demandent des recrutements massifs afin d’atteindre un ratio d’un infirmier, d’un psychologue et d’un conseiller d’orientation pour 500 élèves. Du côté des enseignants, ils exigent des postes supplémentaires permanents pour en finir avec les emplois contractuels, pallier les difficultés de remplacement et réduire les inégalités. La création d’un statut pour les AESH et l’embauche de 800 personnels supplémentaires figurent aussi parmi les demandes.
Rythmes scolaires, sélection et précarité étudiante
Les organisations plaident pour une refonte des rythmes scolaires dans le secondaire et le supérieur, demandant l’abandon de la réforme du baccalauréat et du lycée mise en place depuis 2019, ainsi qu’une pause méridienne d’au moins une heure et demie. Pour l’accès à l’enseignement supérieur, elles demandent la fin de la sélection algorithmique opérée via Parcoursup et Mon Master, tout en maintenant des plateformes centralisées. L’objectif affiché est la création de 250.000 places supplémentaires à la rentrée 2027 afin de répondre au nombre important de lycéens sans proposition d’admission.
Quatre propositions ciblent spécifiquement la précarité. Les syndicats demandent l’abandon du gel des aides personnelles au logement, le maintien de leur mode de calcul actuel pour éviter de priver 147.000 étudiants, ainsi que leur revalorisation et leur rétablissement pour les étudiants étrangers. Ils exigent par ailleurs la garantie d’un repas à un euro dans les Crous, la suppression des frais d’inscription différenciés pour les étudiants extra-communautaires et une augmentation de 200 euros des bourses versées sur douze mois pour inclure 300.000 bénéficiaires supplémentaires.
Enfin, le texte réclame un renforcement de la représentation lycéenne dans les conseils d’administration et les instances consultatives par des scrutins directs et de liste, ainsi que l’arrêt de toute répression contre le mouvement social, incluant la poursuite en justice des forces de l’ordre coupables de violences et la non-sanction des absences liées aux mobilisations.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
