Le 7 octobre 2006, la journaliste Anna Politkovskaïa perdait la vie dans le hall de son immeuble à Moscou. Âgée de quarante-huit ans, cette collaboratrice du média indépendant Novaïa Gazeta s’était illustrée par ses investigations sur la seconde guerre de Tchétchénie, les exactions commises par les autorités tchétchènes et les violations des droits de l’homme. Elle avait également exercé une critique constante à l’encontre de Vladimir Poutine et de sa politique.
Ses collègues ont constamment suspecté un lien entre sa mort et ses recherches journalistiques, en particulier concernant le pouvoir de Ramzan Kadyrov. Le jour de sa disparition, elle s’apprêtait à transmettre à sa rédaction un papier traitant des pratiques de torture attribuées au pouvoir tchétchène. Son engagement s’étendait par ailleurs à la défense des droits humains, en soutenant notamment les mères de soldats décédés ainsi que les familles des victimes de la prise d’otages du théâtre Doubrovka, survenue à Moscou en 2002.
Une affaire judiciaire prescrite
Au fil des ans, plusieurs personnes ont écopé de condamnations pour leur participation ou leur rôle dans l’organisation de ce meurtre. Toutefois, le commanditaire n’a jamais été identifié. La prescription de cette affaire judiciaire a été acquise le 7 octobre 2021.
Vingt ans plus tard, la discrétion est de mise dans le pays. Les organes de presse loyaux au pouvoir ont quasiment passé cet anniversaire sous silence. Les rares structures médiatiques qui ont mentionné l’événement l’ont abordé exclusivement sous un angle judiciaire.
Un hommage romanesque
Parallèlement à cette commémoration, la mémoire de la reporter fait l’objet d’une parution littéraire. Intitulé La Vengeance d’Anna P. et signé par Jean-François Bouthors, qui l’avait connue, un roman mêlant fiction et réalité fait résonner la voix de la journaliste en la plaçant dans l’esprit d’un propagandiste du Kremlin. L’ouvrage doit paraître le 8 octobre.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
