Trente ans après la disparition tragique de Tupac Shakur, la justice américaine a tranché concernant le commanditaire de son assassinat. Duane « Keffe D » Davis, ancien dirigeant d’un groupe issu d’un quartier sensible de Los Angeles connu sous le nom des South Side Compton Crips, a été fixé sur sa sanction. Reconnu coupable au terme d’un procès de trois semaines s’appuyant sur ses propres écrits, l’homme âgé de 63 ans ne pourra déposer une demande de libération conditionnelle qu’une fois ce délai purgé.
Une vengeance sur fond de rivalité musicale
Le tribunal s’est penché sur les rouages de la fusillade fatale survenue le 7 septembre 1996 dans la ville de Las Vegas. D’après l’accusation, l’organisateur présumé cherchait à venger l’agression de son neveu, Orlando Anderson. Quelques heures avant le drame, le rappeur avait pris part au passage à tabac de ce dernier à la suite d’un combat du boxeur Mike Tyson.
À cette période, l’industrie musicale américaine subissait de fortes tensions. L’artiste, interprète des morceaux « California Love » et « All Eyez on Me », représentait le symbole du hip-hop de la côte Ouest sous la bannière du label Death Row Records. Cette structure s’opposait frontalement à la maison de disques new-yorkaise Bad Boy Records, fondée par P. Diddy. Pour assurer leur sécurité lors de séjours dans l’Ouest, les deux entités s’entouraient de factions rivales de Los Angeles : Death Row collaborait avec Mob Piru, tandis que son rival employait les South Side Compton Crips.
Des écrits à l’origine du rebondissement judiciaire
Pendant des décennies, les investigations ont piétiné, l’arme du crime et la Cadillac blanche n’ayant jamais été localisées. Les autres occupants du véhicule ayant péri au fil du temps dans les conflits de gangs, le condamné restait l’unique survivant à bord. S’il avait formulé des aveux en 2008 sous couvert d’une immunité partielle, c’est la parution de ses mémoires en 2019 qui a permis de relancer les investigations, conduisant à son arrestation intervenue en 2023.
Durant les audiences, ses représentants légaux ont tenté de plaider une mise en scène romancée par son co-auteur, affirmant une présence à Los Angeles au moment des faits. Une ligne de défense écartée par les jurés, qui ont délibéré durant trois heures.
La magistrate Carli Kierny a souligné que l’accusé devait assumer ses actes après ces décennies d’attente. De son côté, la sœur de la victime, Sekyiwa Shakur, a estimé face au tribunal que l’intéressé méritait l’intégralité de la sanction maximale. L’avocat de la défense, Michael Sanft, a quant à lui signifié l’intention de contester la décision par la voie de l’appel.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
