Le projet spatial MMX, piloté par l’agence spatiale japonaise JAXA, s’apprête à s’élancer. Le départ est programmé ce lundi à 21h41, heure de Paris, depuis l’île de Tanegashima au Japon. Ce vol doit mener une imposante sonde vers Phobos, le plus grand des deux satellites naturels de Mars. La plus petite lune, Déimos, mesure 12 kilomètres de diamètre contre 22 kilomètres pour Phobos.
Une coopération internationale d’envergure
Cette entreprise ambitieuse bénéficie de collaborations internationales. L’agence spatiale allemande DLR, la NASA américaine — qui fournit deux instruments — ainsi que le CNES français participent aux opérations. La France a ainsi conçu le spectromètre MIRS et a développé, conjointement avec le DLR, un petit rover de reconnaissance nommé Idéfix. Si les conditions météorologiques ne permettent pas le départ ce lundi, la JAXA dispose d’une fenêtre de tir s’étendant du 21 octobre au 9 novembre.
Le rôle du rover Idéfix et de la sonde
Le démonstrateur technique Idéfix a pour mission de se poser à la surface du satellite pour inspecter le terrain. Son action permettra d’identifier l’emplacement idéal pour le premier prélèvement que réalisera la sonde principale. Une fois cette tâche accomplie et après le départ de l’engin orbital, le petit robot demeurera sur place sans possibilité de retour vers la Terre.
De son côté, la sonde MMX se placera en orbite autour de Phobos. Elle prévoira de se poser à deux reprises, une première fois sur la face exposée à Mars, puis une seconde fois de l’autre côté, afin de recueillir quelques grammes de roches. L’engin passera ensuite environ quatre mois à étudier Déimos à distance, sans s’y poser.
Élucider les origines des lunes martiennes
Ces échantillons de roches, dont le retour sur Terre est planifié pour 2031 après un départ de Phobos en novembre 2030, serviront à comprendre l’origine des deux satellites de la planète rouge. Deux théories principales s’affrontent : soit ces astres ont été capturés par la gravité martienne, soit ils se sont formés à partir de débris éjectés de la planète à la suite d’un impact d’envergure. La capsule contenant les prélèvements atterrira dans le désert australien, reproduisant la méthode déjà employée par la JAXA lors de la mission Hayabusa2 vers l’astéroïde Ryugu.
Le système martien n’avait encore jamais fait l’objet d’un retour d’échantillons réussi. En 2011, la Russie avait tenté l’exercice avec la sonde Phobos-Grunt, laquelle était restée en orbite terrestre avant de se désintégrer dans l’atmosphère au mois de janvier 2012.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
