La trêve douanière conclue en 2021 entre Washington et Bruxelles traverse une zone de turbulence. L’autorité menant la politique commerciale américaine a exprimé son mécontentement face à l’octroi d’un financement massif en faveur du constructeur aéronautique européen. Selon cette même source, cette situation pourrait compromettre l’accord commercial unissant les deux puissances.
Un prêt record jugé non transparent par les États-Unis
Au mois de juin, la Banque européenne d’investissement a attribué une enveloppe historique de 3 milliards d’euros à l’avionneur européen. D’après les précisions communiquées lors de cette annonce par le vice-président de l’institution, Ambroise Fayolle, ce soutien financier inédit vise à doter l’entreprise des capacités nécessaires pour investir dans la recherche, le développement et l’innovation à long terme, tant dans l’aviation commerciale que dans les secteurs de la sécurité et de la défense.
Du côté de Washington, ce soutien public est qualifié de subvention distorsive faussant la concurrence en accordant un avantage injuste au bénéficiaire. Le responsable américain au commerce, Jamieson Greer, a déploré l’absence de détails concernant ce financement, affirmant que son bureau n’avait reçu aucune information précise à ce sujet. Il exige ainsi un règlement rapide de ce différend.
La trêve de 2021 fragilisée
L’accord visé avait été scellé sous la présidence de Joe Biden afin de clore plus de quinze années d’accusations mutuelles concernant des pratiques déloyales et des aides publiques octroyées à des acteurs industriels comme Boeing et Airbus. Cette entente avait permis de suspendre les surtaxes douanières appliquées dès 2019 par les États-Unis sur diverses marchandises européennes, ainsi que les mesures de rétorsion adoptées l’année suivante par l’Union européenne, touchant des milliards de dollars de flux commerciaux.
Prévue initialement pour une durée de cinq ans, la trêve avait ensuite été prolongée indéfiniment dans le cadre d’un rapprochement transatlantique. Le texte de l’accord stipule que tout financement alloué au développement ou à la production aéronautique doit respecter strictement les conditions du marché, interdisant des taux d’intérêt ou des modalités de remboursement plus avantageux que ceux d’un établissement privé. De surcroît, les aides allouées à la recherche et au développement doivent obligatoirement faire l’objet d’une procédure transparente et ouverte.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
