Le syndicat étudiant Unef a publié son enquête annuelle, alertant sur l’aggravation de la situation financière des inscrits dans l’enseignement supérieur à l’approche de la rentrée. Selon cette étude, la progression du coût de la vie atteint +1,66% sur une période de douze mois, et dépasse les 35% depuis l’élection d’Emmanuel Macron en 2017. L’organisation pointe du doigt une gestion politique qu’elle accuse d’institutionnaliser la précarité.
Une hausse portée par le logement et les transports
L’enquête attribue cette majoration globale à plusieurs facteurs économiques pesant sur le budget des étudiants. Le poste le plus lourd demeure l’habitat, avec des loyers moyens s’établissant à 627,11 euros par mois dans le secteur privé, soit une augmentation de +2,87% sur une année. Pour les logements proposés par le Crous, la moyenne s’établit à 426,36 euros, marquant une progression de +1,04%.
D’autres postes de dépenses subissent également des augmentations, à l’instar des transports qui affichent une hausse de +2,29%, et des produits alimentaires dont les prix progressent de +0,87%. Face à ces cumuls, le reste à charge mensuel moyen des étudiants, une fois les aides déduites, s’élève à 1 300 euros. Cela représente un supplément de 74 euros par rapport à l’année précédente.
Des situations particulièrement critiques pour certains profils
Le syndicat met en lumière l’impact de ces difficultés sur des publics spécifiques. Les montants exigés pour s’inscrire à l’université ont ainsi progressé de 37% depuis 2017, une évolution notamment alimentée par la taxe dédiée aux services offerts sur les campus. Cette redevance obligatoire est passée de 90 euros lors de son instauration en 2018 à 105 euros pour la prochaine rentrée.
Les ressortissants étrangers hors Union européenne font face à une situation aggravée par la suppression des allocations personnalisées pour le logement survenue cet été et la mise en place de barèmes d’inscription différenciés. De leur côté, les jeunes originaires des Outre-mer doivent assumer un surcoût annuel oscillant entre 314 et 408 euros par rapport à leurs homologues de l’Hexagone.
La secrétaire générale de l’Unef, Manon Moret, souligne que ces difficultés financières contraignent de nombreux jeunes à exercer une activité salariée en parallèle de leur cursus ou à renoncer à poursuivre leurs études. L’organisation syndicale critique par ailleurs ce qu’elle qualifie de désengagement étatique progressif des missions de service public dans l’enseignement supérieur.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
