Le département américain du Trésor a dû intervenir rapidement pour apaiser les marchés financiers après une nouvelle hausse des rendements obligataires. Les obligations à dix et trente ans ont vu leurs baisses précédentes s’effacer, repassant au-dessus des seuils enregistrés avant les annonces de Washington. Cette situation a conduit le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, à s’exprimer publiquement pour clarifier la stratégie gouvernementale.
Lors de son intervention, Scott Bessent a indiqué que le montant de quatre milliards de dollars (soit 3,4 milliards d’euros) fixé par opération constituait un plancher et non un plafond absolu. Le responsable a précisé que les montants alloués pourraient dépasser cette limite par émission. D’après le secrétaire au Trésor, cette démarche vise à adresser un message clair face à des rendements qu’il juge déconnectés des fondamentaux sous-jacents, tout en mentionnant le conflit en cours avec l’Iran.
La faiblesse de la liquidité, particulièrement marquée sur l’échéance à trente ans, a été pointée du doigt comme le principal facteur de tension par Scott Bessent. Au moment de ces déclarations, le rendement à trente ans s’établissait à 5,25 % après un pic à 5,33 %, tandis que le taux à dix ans atteignait 4,7 % après un sommet à 4,75 %. En outre, le secrétaire au Trésor a annoncé qu’une nouvelle initiative concernant la consolidation budgétaire serait présentée prochainement, avec une impulsion venant du président Donald Trump, englobant à la fois les recettes et les dépenses.
Interrogé sur le fait que l’endettement public national a atteint le niveau historique de 40 000 milliards de dollars (34 400 milliards d’euros), Scott Bessent a minimisé l’événement, affirmant que la situation pourrait être résolue par la croissance. Il a également rejeté la responsabilité de la situation sur l’administration précédente, tout en soulignant la baisse du ratio déficit/PIB réalisée l’an dernier par l’administration Trump, bien que les dépenses publiques aient progressé cette année sous l’effet de la guerre contre l’Iran et d’autres orientations politiques.
Des réactions mitigées chez les investisseurs
Les annonces de Washington n’ont pas convaincu l’ensemble des marchés. Krishna Guha, analyste chez Evercore ISI, a qualifié le projet de forme affaiblie d’« Operation Twist », estimant qu’une telle stratégie pourrait se retourner contre les autorités si elle est interprétée comme une difficulté pour le pays à se financer à bas coût. Pour rappel, l’« Operation Twist » désigne un dispositif non conventionnel utilisé par les banques centrales consistant à acheter des obligations à long terme tout en vendant des titres à court terme.
De son côté, Maia Crook, représentant JPMorgan, s’est exprimée de manière plus critique, jugeant que cette intervention élude les difficultés structurelles tout en créant un nouveau risque : celui de voir le Trésor s’éloigner de son engagement historique en faveur d’émissions régulières et prévisibles au profit d’une gestion dictée par les fluctuations immédiates du marché.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
