L’enclave espagnole de Ceuta, située en Afrique du Nord, traverse une période de forte agitation marquée par des heurts entre des habitants et les forces de l’ordre. Ces tensions surviennent dans le sillage d’un afflux massif de personnes ayant franchi les frontières depuis le Maroc fin juillet. Alors qu’une grande partie des individus est repartie, des milliers d’entre eux demeurent dans ce territoire de 18,5 kilomètres carrés et de quelque 80 000 habitants, occupant les rues, les plages ou des camps improvisés.
Les rassemblements organisés par la population locale pour exiger le départ des migrants ont gagné en intensité. Des affrontements ont notamment éclaté sur une plage où campaient des migrants, dont des affaires personnelles ont été incendiées. Dans le même temps, un militaire a été blessé par des jets de pierres, menant à l’interpellation de douze ressortissants marocains. Deux autres interpellations ont eu lieu après l’agression d’un membre des forces de l’ordre.
Appels au calme et condamnations de la violence
S’exprimant devant le Parlement à Madrid, le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a exhorté la population à la retenue. Il a souligné que la violence ne pouvait en aucun cas constituer une solution face à une telle complexité. De son côté, le président du gouvernement local, Juan Vivas, a estimé que les protestations pour réclamer le retour à la normalité étaient légitimes, tout en rejetant fermement tout recours à la force, insistant sur le fait que nul ne doit se faire justice soi-même.
Le gouvernement central a par ailleurs vivement critiqué l’opposition de droite et d’extrême droite, accusant ces formations d’attiser les tensions et d’inciter à la confrontation dans les rues. Alors que les partis conservateurs réclament le renvoi immédiat de l’ensemble des personnes concernées, l’exécutif rappelle la nécessité d’une identification individuelle pour examiner chaque demande d’asile ou procéder à une expulsion légale.
Soutien européen et mesures de sécurité renforcées
Face à ce que l’Assemblée de Ceuta qualifie de situation extrême « au or d’l’effondrement », l’Espagne s’est tournée vers les instances communautaires. Le ministère de l’Intérieur a sollicité l’intervention de l’Agence de l’Union européenne pour l’asile, ainsi que le renforcement des dispositifs d’Europol et de Frontex afin d’appuyer le traitement des dossiers administratifs. Madrid demande également la prolongation de l’opération Minerva jusqu’au mois de septembre.
Sur le plan sécuritaire, l’exécutif a validé un train de mesures exceptionnelles comprenant la pose de bouées de confinement maritime, l’extension de jetées, la surveillance par drones et l’usage d’équipements spécialisés pour verrouiller les accès de l’enclave.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
