Le secteur de la réassurance se prépare à une diminution de ses tarifs pour l’année 2027. Réunis à Monaco depuis samedi et jusqu’à mercredi, les professionnels du secteur échangent dans le cadre de leurs discussions annuelles pour fixer le montant des primes et les conditions des contrats proposés aux assureurs.
Cette orientation tarifaire découle notamment de sinistres liés au climat inférieurs aux prévisions budgétaires au cours de l’année 2026, combinés à un niveau record de capitaux. Marc-Philippe Juilliard, analyste au sein de l’agence de notation S&P, souligne que les entreprises du domaine affichent des niveaux de solvabilité et de rentabilité particulièrement élevés, tout en prévoyant des perspectives de notation stables pour ces acteurs.
La rentabilité du secteur s’est illustrée dans les résultats semestriels. Parmi les six plus grands réassureurs mondiaux, dont cinq sont européens, Swiss Re a enregistré un bénéfice de 2,4 milliards d’euros au premier semestre, tandis que l’allemand Hannover Re a affiché un bénéfice de 1,4 milliard d’euros. De son côté, l’allemand Munich Re a dégagé un bénéfice net de 2,2 milliards d’euros au deuxième trimestre, tout en révisant à la baisse sa prévision de chiffre d’affaires pour 2026.
Au niveau mondial, les dommages assurés liés aux catastrophes naturelles ont atteint 42 milliards de dollars au premier semestre, ce qui équivaut à 36,3 milliards d’euros, soit un recul de 16 % par rapport à la moyenne des dix années précédentes, d’après Swiss Re. Manuel Arrivé, représentant de l’agence de notation Fitch, met également en avant l’impact de la concurrence entre les différents opérateurs. Selon lui, le déséquilibre entre la surcapitalisation et l’offre engendre un basculement du pouvoir de négociation en faveur des acheteurs.
Des incertitudes demeurent pour la fin de l’année
Malgré ces perspectives de repli tarifaire, des réserves s’expriment au sein de la profession. Stefan Golling, directeur général de la section non-vie de Munich Re, a nuancé les attentes lors d’une conférence de presse, expliquant que le portefeuille diversifié de l’entreprise comprend des segments plus stables que les catastrophes naturelles. Il a rappelé que l’année n’est pas achevée et que de nouveaux événements climatiques pourraient modifier la donne.
Dans la même optique, Alexis Valleron, qui exerce les fonctions de délégué général pour la structure française regroupant les acteurs de la réassurance, a rappelé que la saison des ouragans aux États-Unis vient de débuter, constituant un péril majeur pour le marché.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
