Le Parti républicain innove aux États-Unis en organisant une convention politique de deux jours à Dallas, au Texas. Traditionnellement réservés aux années d’élection présidentielle pour désigner officiellement les candidats, ces rassemblements n’avaient encore jamais été employés pour des élections de mi-mandat. Le président américain Donald Trump s’est placé au cœur de cet événement inédit pour tenter d’éviter que sa formation politique ne perde le contrôle du Congrès en novembre.
Prévu initialement pour prendre la parole le jeudi soir, le chef de l’État doit finalement intervenir les deux soirs de la convention. N’étant pas candidat lors de ce scrutin du 3 novembre, il exhorte ses partisans à se rendre aux urnes en leur demandant de se comporter comme s’il se présentait lui-même. L’enjeu est de taille pour l’administration américaine, alors que les projections du modèle Decision Desk HQ anticipent une possible victoire des démocrates à la Chambre des représentants et éventuellement au Sénat.
Une stratégie à double tranchant pour le Parti républicain
Si la base du mouvement Make America Great Again demeure indispensable pour garantir une forte participation électorale, la stratégie présidentielle comporte des risques. La cote de popularité du locataire de la Maison-Blanche se situe à un niveau très bas, avec seulement 33 % d’opinions favorables selon un sondage Reuters-Ipsos, un chiffre tombant sous les 35 % d’après une autre estimation. Les électeurs se montrent particulièrement inquiets face à l’inflation, au coût de la vie, à la hausse des prix de l’essence ainsi qu’à la gestion du conflit en Iran.
Face à ce climat délicat, de nombreux candidats républicains engagés dans des courses serrées ont choisi de faire campagne localement ou de retirer discrètement le nom du président de leurs affiches électorales. À l’inverse, l’enthousiasme se révèle plus marqué du côté de l’opposition, où 46 % des électeurs démocrates se disent très motivés à l’idée de voter, contre seulement 31 % chez les républicains.
L’avenir du Congrès en jeu
Le scrutin du 3 novembre déterminera le contrôle du Parlement américain, composé de la Chambre des représentants et du Sénat. À la Chambre, où l’intégralité des sièges est renouvelée, les républicains défendent une majorité extrêmement étroite. Une bascule de pouvoir permettrait à l’opposition de lancer des enquêtes parlementaires sur l’action gouvernementale et de peser lourdement sur les nominations présidentielles, notamment au sein de la justice. Pour le président américain, l’issue de ces élections de mi-mandat conditionnera directement sa capacité à gouverner durant les deux dernières années de son mandat.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
