Face à la prolifération des contenus trompeurs concernant le domaine médical sur Internet, l’Inserm déploie un dispositif éducatif inédit. À l’occasion de la rentrée scolaire, l’institution propose aux enseignants et aux professionnels de l’éducation un kit pédagogique spécifiquement conçu pour les élèves de la 4ᵉ à la terminale.
Sensibiliser les jeunes aux dérives en ligne
Les adolescents consultent régulièrement des publications relatives au bien-être, au sommeil, à l’alimentation, à l’activité physique, aux médicaments, aux vaccins ou encore aux compléments alimentaires. Ces données transitent par les plateformes vidéo, les moteurs de recherche, les réseaux sociaux et les outils d’intelligence artificielle, mêlant faits vérifiés, approximations et mensonges délibérés. Selon l’Inserm, de telles erreurs d’appréciation peuvent engendrer des conséquences concrètes : adoption de comportements dangereux, retard dans la prise en charge médicale, abandons de traitements ou dépenses financières inutiles pour des remèdes inefficaces.
Le module intitulé « Fake news en santé » s’intègre directement dans le temps scolaire, sous la forme d’ateliers d’une ou deux heures. Il fournit aux équipes pédagogiques un support d’animation complet ainsi que des exercices pratiques pour confronter les idées reçues des élèves à des méthodes rigoureuses de vérification. Une version longue de l’atelier propose également une mission collective de fact-checking basée sur des cas réels issus des réseaux sociaux.
Comprendre l’élaboration de la science
L’enjeu principal du programme ne consiste pas à mémoriser un catalogue de sources jugées bonnes ou mauvaises, mais à appréhender la construction de la connaissance scientifique. Le module initie ainsi les collégiens et les lycéens à l’exercice de la formulation d’hypothèses, à l’analyse de la robustesse des preuves et à la distinction entre une recherche isolée et un ensemble de conclusions convergentes.
Les jeunes acquièrent ainsi une grille d’analyse méthodique pour examiner les publications auxquelles ils se trouvent confrontés, résumée par une consigne simple : « On ralentit, on vérifie, puis on décide. » Cette démarche amène à s’interroger sur l’identité de l’interlocuteur, son domaine de compétence, la nature des preuves avancées et la confirmation de l’énoncé par d’autres canaux fiables.
Une mobilisation de longue date
Cette initiative vient compléter les actions menées de longue date par l’Inserm contre la prolifération de fausses nouvelles médicales. L’organisme pilote notamment Canal Détox, créé en 2018, qui confronte les rumeurs publiques aux données scientifiques établies. En 2025, ce dispositif a publié 24 articles, générant 1,1 million de visites et 2,2 millions de pages vues. De plus, une communauté de 120 à 150 scientifiques collabore depuis 2022 pour répondre aux sollicitations des rédactions et décrypter les tendances émergentes. Avec cet outil pédagogique, l’institut souhaite désormais agir en amont auprès des jeunes générations.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
