Pour écarter la menace d’une grève qui risquait de freiner ses cadences de production, le fabricant américain de semi-conducteurs Micron Technology a pris l’engagement de verser des primes exceptionnelles à son personnel à Taïwan. Cette annonce intervient dans un contexte de forte croissance pour les fabricants mondiaux de puces électroniques, portés par le développement de l’intelligence artificielle.
Une prime allant jusqu’à 68 mois de salaire
D’après un communiqué de l’entreprise, les équipes de main-d’œuvre directe sur place percevront des compensations globales s’étalant de 35 à 68 mois de salaire. Pour l’exercice 2026, une indemnité minimale en espèces de 1,7 million de nouveaux dollars de Taïwan, l’équivalent de 53 700 dollars ou 46 190 euros, est garantie. Les organisations syndicales, qui encadrent près de 12 000 des 15 000 collaborateurs répartis dans les unités de Taoyuan et Taichung, formulaient initialement une exigence de 83 mois de salaire en guise de prime.
Les revendications ne s’arrêtaient pas là puisque le personnel réclamait également l’instauration d’un mécanisme pérenne. Celui-ci prévoyait d’allouer 15 % des bénéfices d’exploitation de la firme à des gratifications distribuées de manière trimestrielle et non plus annuelle. La société produit entre 50 et 60 % de ses puces à Taïwan et affiche un chiffre d’affaires record s’élevant à 41,5 milliards de dollars, soit 35,6 milliards d’euros, au troisième trimestre de l’exercice 2026.
Un accord rejeté par le syndicat
Malgré les annonces de la direction, la proposition a été repoussée par le syndicat représentant les effectifs de l’usine de Taoyuan. Cette structure reproche à l’entreprise d’avoir contourné le dialogue concernant l’établissement d’un système de primes régulier. Le syndicat réclame un partage équitable des profits lors des périodes fastes ainsi que des garanties institutionnelles pour traverser les cycles économiques. Les pourparlers, amorcés au début du mois de septembre sous la supervision gouvernementale, pourraient déboucher sur un vote concernant un arrêt de travail si aucun terrain d’entente n’est trouvé. Un scrutin interne préalable avait indiqué qu’environ 80 % des membres s’avéraient favorables à une telle action.
Cette situation s’inscrit dans un mouvement plus large où les salariés du secteur exigent une meilleure répartition des profits générés par l’intelligence artificielle. Plus tôt dans l’année, en Corée du Sud, Samsung Electronics et SK Hynix avaient octroyé d’importantes primes à leurs employés pour écarter des conflits similaires.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
