Douze pays européens ont exhorté l’Union européenne à s’impliquer davantage dans l’Arctique, lors d’un sommet qui s’est tenu à Rovaniemi, dans le nord de la Finlande. La réunion a rassemblé notamment le chancelier allemand Friedrich Merz, la Première ministre danoise Mette Frederiksen, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot et le président roumain Nicușor Dan. Les participants ont publié une déclaration commune plaidant pour une sécurisation collective de la zone et un rôle plus proactif de Bruxelles.
Pour Antonio Costa, président du Conseil européen, la situation arctique ne relève pas d’une simple affaire régionale mais d’une question européenne. Le chancelier allemand Friedrich Merz a estimé que l’engagement du bloc devait s’intensifier afin de compléter les actions de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN). De son côté, la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Kaja Kallas, a souligné la nécessité pour les Européens de se doter de brise-glaces ou de navires capables de naviguer dans des conditions difficiles, tout en appelant à la vigilance face à l’activité militaire russe et aux intérêts de la Chine.
Une région sous tension entre la Russie, les États-Unis et la Chine
L’Arctique est devenu un terrain de manœuvres stratégiques en raison de sa position entre l’Amérique du Nord et l’Europe, ainsi que pour ses ressources et ses routes maritimes. Selon l’OTAN, Moscou a renforcé son activité militaire dans la zone à travers un nouveau commandement, l’ouverture de sites et des tests d’armements. La Chine manifeste également un intérêt marqué pour les minerais critiques, l’énergie et les communications. En outre, la région subit les conséquences du changement climatique, se réchauffant à un rythme s’établissant à près de quatre multiples près de la moyenne planétaire, d’après les indications des experts.
Cette mobilisation européenne fait suite aux remous provoqués par le président américain Donald Trump, qui a répété que les États-Unis devaient prendre le contrôle du Groenland pour des motifs de sécurité nationale. Pour contrer ces revendications, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’est rendue au Groenland au début du mois pour officialiser un partenariat d’un montant de 200 millions d’euros destiné à ce territoire autonome danois.
Une nouvelle stratégie européenne attendue
Aucune décision officielle n’a été entérinée lors du sommet de Rovaniemi. Toutefois, la Commission européenne doit présenter au mois d’octobre une nouvelle stratégie pour l’Arctique, plaçant la sécurité au cœur de ses priorités. Kaja Kallas a précisé que ce document définira les orientations du bloc pour les années à venir et que l’Europe doit désormais intégrer l’adaptation climatique à ses politiques, en plus de la lutte contre le réchauffement.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
