Le procès de Rachida Dati et de l’ancien dirigeant automobile Carlos Ghosn s’ouvre devant le tribunal correctionnel de Paris. L’ancienne ministre et actuelle maire du 7e arrondissement de Paris comparaît pour corruption passive et trafic d’influence passif. De son côté, Carlos Ghosn, ex-PDG de Renault actuellement en fuite au Liban, est renvoyé à ses côtés pour corruption active, trafic d’influence actif, ainsi que pour abus de pouvoir et de confiance. Ce dernier sollicite un report de l’audience, une question qui doit être tranchée dès l’ouverture des débats prévus jusqu’à la fin du mois de septembre.
Une convention d’honoraires de 900 000 euros au cœur des investigations
L’affaire trouve son origine dans le versement d’honoraires d’avocate d’un montant total de 900 000 euros octroyés par la société néerlandaise Renault-Nissan BV (RNBV) entre 2010 et 2012, période durant laquelle Rachida Dati siégeait au Parlement européen. D’après l’ordonnance de renvoi, les juges d’instruction estiment que ces fonds ont été versés sans contrepartie d’un travail réel, l’élue étant soupçonnée d’avoir mené des actions de lobbying auprès des institutions européennes. L’accusation pointe du doigt la rareté des documents écrits permettant d’attester de la réalité de la mission, tandis que la défense attribue cette absence de traces aux consignes orales de Carlos Ghosn, allergique aux comptes-rendus écrits.
Les arguments de la défense et les peines encourues
Les avocats de l’ancienne eurodéputée affirment que leur cliente a effectivement mené diverses missions à l’étranger, notamment dans le cadre de contrats internationaux avec des États comme le Maroc, l’Algérie, la Turquie ou l’Iran. Pour appuyer cette version, la défense fait comparaître six témoins, tandis que le ministère public s’appuie sur le témoignage d’un eurodéputé allemand. Le groupe Renault et l’association Anticor se sont constitués parties civiles dans ce dossier. Les deux prévenus encourent des peines pouvant aller jusqu’à dix ans d’emprisonnement, accompagnées d’amendes s’élevant à 450 000 euros pour Rachida Dati et 375 000 euros pour l’ancien dirigeant, l’élue risquant en outre une peine complémentaire d’inéligibilité.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
