Les actifs en Russie de plusieurs grandes entreprises internationales, incluant le géant suisse de l’alimentation Nestlé, l’enseigne de grande distribution Auchan et l’ex-groupe Leroy Merlin, font l’objet d’un transfert vers une même entité locale. Un décret émanant du président Vladimir Poutine et publié un jeudi 17 septembre officialise cette décision visant des groupes issus de pays qualifiés d’inamicaux par le Kremlin, en raison de leur soutien militaire à l’Ukraine.
La structure désignée pour reprendre ces parts sous un régime d’administration temporaire se nomme L.E.V. Management. Fondée fin 2025, cette entité est dirigée par un général du ministère russe de l’Intérieur, Andreï Kraiouchkine. Ses propriétaires réels demeurent inconnus et la structure ne comptait qu’un seul employé, sans avoir exercé d’activité notable durant sa première année d’existence, d’après les documents comptables disponibles. Le décret présidentiel englobe également les parts de trois filiales russes de l’entreprise française de logistique FM Logistic.
Réactions et demandes de clarifications des entreprises visées
Du côté des sociétés concernées, les réponses s’organisent face à cette mesure. Le groupe Nestlé a indiqué vouloir mettre en œuvre toutes les mesures nécessaires afin de défendre ses intérêts et de maintenir ses opérations. L’impact financier de cette décision demeure toutefois limité pour la firme suisse, la Russie ne représentant qu’une fraction minime de son chiffre d’affaires total, selon les estimations de l’analyste Jean-Philippe Bertschy de Vontobel. Pour ce dernier, la valeur des actifs et les conditions d’une éventuelle revente constituent les principaux points de vigilance.
La filiale russe d’Auchan, présente sur ce marché depuis 2002 à travers un réseau recensant plus de 33 000 employés et employant cette main-d’œuvre dans 241 magasins, a sollicité des explications auprès des autorités locales. Concernant l’ancien réseau Leroy Merlin, rebaptisé Lemana Pro, le décret porte sur les parts détenues par la société Scenari Holding LP aux Émirats arabes unis et par la firme française Adeo. L’équipe de communication de Lemana Pro a précisé ne détenir aucune information officielle de la part des institutions russes et avoir exigé des explications.
Cette mesure intervient dans un contexte de départ ou de restructuration forcée de nombreuses multinationales occidentales depuis le déclenchement de l’offensive en Ukraine au début de l’année 2022 et l’adoption de sanctions économiques par les pays occidentaux. D’autres enseignes françaises avaient déjà été touchées par le passé, à l’instar de Danone, dont la filiale russe avait été saisie par l’État avant d’être cédée à un proche du dirigeant tchétchène Ramzan Kadyrov.
Rédigé par la rédaction de Pressecrite.fr
